Montpellier : 34 sans-abri morts dans la rue en 2025, un hommage choc pour briser l'indifférence
34 sans-abri morts à Montpellier : hommage choc contre l'indifférence

Montpellier : 34 sans-abri morts dans la rue en 2025, un hommage poignant pour briser l'indifférence

Ce samedi 7 mars, la place de la Comédie à Montpellier a été le théâtre d'une action de sensibilisation aussi sobre que saisissante. Entre 14 heures et 17 heures, des bénévoles du Collectif citoyen contre le sans-abrisme ont rendu hommage aux 34 personnes sans domicile fixe décédées dans les rues de la ville en 2025.

Un hommage aux invisibles

Sous une pluie fine, des silhouettes allongées sur des couvertures de survie ont symbolisé ces vies perdues. Une bande sonore mortuaire a fait résonner un à un leurs prénoms : Nolan (26 ans), Youssef (29 ans), Margareth (44 ans), Sébastien dit "Bastos" (54 ans), Benjamin dit "Charlot", Mohamed (61 ans)... et tant d'autres.

Leurs causes de décès sont aussi diverses que tragiques : morts de froid, malaises cardiaques, ou encore, comme dans un cas particulièrement violent, battu à mort puis jeté dans une benne avenue de Nîmes.

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Une réalité alarmante

"L'an dernier, il y a eu 34 sans-abri qui sont morts à Montpellier. Cela fait presque trois par mois", souligne Thierry Teulade, membre de l'association Sakado, l'une des organisations du collectif.

Cette action, organisée par le Collectif citoyen contre le sans-abrisme regroupant plusieurs associations locales (Solidarité partagée, Sakado, Pépites, La Carmagnole, Entraide SDF et Luttopia), n'est pas passée inaperçue sur la place la plus fréquentée de la ville.

Elle a permis à de nombreux passants de prendre conscience de ce monde des invisibles et d'échanger avec les bénévoles, brisant ainsi le mur de l'indifférence.

Un appel urgent à l'action

L'objectif du collectif était clair : exprimer la situation actuelle et affirmer qu'il est temps de prendre des mesures concrètes. Parmi les revendications :

  • Créer plus de places d'hébergement d'urgence
  • Baisser le nombre d'expulsions, car "l'expulsion, c'est le début des sans-abri"
  • Accompagner ces personnes et cesser de les traiter comme des invisibles

"Vous savez, un 'bonjour', ça vaut parfois pour eux toutes les pièces qu'ils récoltent lors d'une journée en faisant la manche", ajoute Thierry Teulade.

Des chiffres qui interpellent

À Montpellier, près de 1 000 personnes dormiraient sans toit chaque nuit, dans l'indifférence générale. Parmi elles, environ 80 enfants connaissent cette précarité extrême.

"La visibilité, c'est aussi montrer qu'il existe d'autres positions que le fatalisme", explique une autre membre du collectif. "Dire que ça a toujours été comme ça et que ça continuera, ce n'est pas acceptable."

Cette action du 7 mars marque un tournant dans la sensibilisation au sans-abrisme à Montpellier. Pour la première fois, une manifestation publique a spécifiquement honoré la mémoire de ceux qui sont morts dans la rue, transformant des statistiques anonymes en noms et en visages.

Le message est clair : derrière les chiffres se cachent des vies humaines, et il est urgent que la société dans son ensemble reconnaisse cette réalité pour y apporter des solutions durables.

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