Bagneux commémore le 20e anniversaire de la mort d'Ilan Halimi, victime du gang des barbares
20 ans après, Bagneux honore la mémoire d'Ilan Halimi

Une cérémonie empreinte d'émotion à Bagneux pour les 20 ans de la mort d'Ilan Halimi

Jeudi soir, la ville de Bagneux dans les Hauts-de-Seine a rendu un hommage solennel à Ilan Halimi, jeune Français juif torturé à mort il y a vingt ans. Entre 300 et 400 personnes se sont rassemblées à l'entrée du jardin qui porte désormais son nom, dans cette commune située au sud de Paris, lors d'une cérémonie placée sous haute surveillance policière et marquée par un profond recueillement.

Le rappel d'un crime antisémite qui a traumatisé la ville

La maire communiste de Bagneux, Marie-Hélène Amiable, élue pour la première fois en 2004, s'est adressée à la foule avec émotion : « Il y a vingt ans, j'apprenais brutalement par des journalistes qu'un jeune homme de 23 ans disparu depuis plusieurs semaines avait été assassiné dans notre commune. Ce crime est une douleur indélébile pour notre ville ».

En janvier 2006, Ilan Halimi, alors âgé de 23 ans, a été enlevé, séquestré et torturé par une vingtaine de personnes qui se faisaient appeler « le gang des barbares », sous la direction de Youssouf Fofana. Le 13 février 2006, le jeune homme a été découvert nu, bâillonné, menotté et portant des traces de tortures et de brûlures le long d'une voie ferrée à Sainte-Geneviève-des-Bois dans l'Essonne. Il est mort pendant son transfert à l'hôpital.

Les témoignages poignants des habitants

Annie Foie, 79 ans, qui habite cette ville populaire depuis plus de 50 ans, a confié à l'AFP que le meurtre d'Ilan Halimi avait été un véritable choc : « Je travaillais à l'époque chez une dame. Ilan avait été séquestré dans la cave de son immeuble. Sous le choc, cette dame avait appelé son fils pour qu'il l'emmène à Marseille, elle ne pouvait plus rester là ». La retraitée participait à la cérémonie avec une tulipe à la main.

Le président du Consistoire central Elie Korchia, présent lors de l'hommage, a déclaré : « La lutte contre l'antisémitisme est quelque chose qui nous concerne tous. Nous devons renforcer la prévention vis-à-vis des jeunes », appelant à « une prise de conscience collective ».

Un contexte d'antisémitisme toujours préoccupant

Les discours officiels ont rappelé que la France fait face à un niveau d'antisémitisme historiquement élevé. Selon le ministère de l'Intérieur, 1 320 actes antisémites ont été recensés sur l'année 2025, soit une baisse de 16 % par rapport à 2024, mais ces chiffres restent alarmants. Les autorités soulignent que depuis vingt-cinq ans, les actes antisémites « n'ont jamais été aussi élevés que pendant les trois dernières années ».

Cette augmentation s'inscrit dans un contexte particulier marqué par la forte hausse des tensions à la suite des attaques sans précédent du 7 octobre 2023 menées par le mouvement islamiste palestinien Hamas en Israël, qui ont entraîné la mort de 1 221 personnes.

Un hommage artistique et floral

Après les discours, la foule a été invitée à déposer des fleurs au pied de la stèle dédiée à Ilan Halimi. Les participants ont ensuite assisté à des spectacles montés par de jeunes habitants de Bagneux dans un théâtre du quartier, comprenant :

  • Des performances chorales
  • Des représentations musicales
  • Des numéros de danse
  • D'autres expressions artistiques

Cette cérémonie du vingtième anniversaire a permis de rappeler la mémoire d'Ilan Halimi tout en soulignant l'importance continue de la lutte contre l'antisémitisme dans la société française contemporaine. La douleur de ce crime reste vive à Bagneux, où la communauté continue de se rassembler pour honorer la victime et transmettre un message de vigilance collective.