Un banquet géant du Canon français rassemble 2 500 convives à Agen
Ce samedi 14 mars, le Parc des expositions d'Agen a vibré au son de "Le chasseur" de Michel Delpech et de "La Marseillaise", entonnées avec ferveur par les 2 500 participants au banquet géant du Canon français. Vêtus de bérets et de bretelles pour certains, les convives se sont rassemblés dans le hall Villeneuve pour un repas copieux, facturé 79,99 euros, promettant un kilo de nourriture par personne.
Une ambiance festive malgré les controverses politiques
Les organisateurs, Pierre-Alexandre de Boisse et Géraud de la Tour, défendent l'événement comme une célébration de la tradition et de la convivialité française. "C'est une fête, c'est exceptionnel", explique Pierre-Alexandre de Boisse, tout en reconnaissant que les portions sont généreuses mais ajustées pour éviter l'excès. Le menu agenais comprenait de la charcuterie, des cœurs de canard en entrée et un gigot d'agneau de sept heures en plat principal, accompagné de deux bouteilles de vin.
Pourtant, l'événement n'est pas sans polémique. Plusieurs partis politiques, dont Les Écologistes, LFI, le PS, le PC et le Parti radical de gauche du Lot-et-Garonne, ont publié un communiqué commun pour dénoncer ce qu'ils qualifient de "sous-marin de l'extrême droite". Cette critique s'est intensifiée depuis l'entrée de Pierre-Édouard Stérin, milliardaire d'extrême droite et exilé fiscal, au capital du Canon français via son fonds d'investissement Odyssée impact.
La défense des organisateurs face aux accusations
Pierre-Édouard Stérin, connu pour sa fortune acquise avec Smartbox, porte un projet politique sous l'acronyme "Périclès", visant à soutenir le Rassemblement National. Cependant, les organisateurs du Canon français minimisent son influence. "On ne l'a jamais vu. On a échangé peut-être deux mails", affirme Pierre-Alexandre de Boisse, ancien trader, qui justifie la collaboration par des raisons purement commerciales. "On ne regarde pas les idées des gens. Si son fonds d'investissement est efficace, on bosse avec lui", ajoute-t-il, refusant de porter un jugement sur l'exil fiscal du milliardaire.
Les témoignages des participants : convivialité avant tout
Sur place, les convives insistent sur l'aspect festif et apolitique de l'événement. Christopher, 32 ans, cultivateur de prunes, a fait le déplacement pour "la tradition, l'esprit français, la bonne bouffe, les moments conviviaux, les chants". Pour lui, ce repas est une façon de défendre le territoire. Lola, 30 ans, et Clément, 29 ans, venus de la région parisienne, partagent cet avis. "On est là pour faire la fête et s'amuser", explique Lola, qui juge "absurde" la dimension politique accordée au rendez-vous.
Nicolas, 57 ans, chef du chœur d'hommes Adishatz invité à animer le repas, reconnaît que chanter "La Marseillaise" peut susciter des interprétations, mais estime injustifié d'associer le banquet à l'extrême droite. "On ne nous a jamais demandés de faire une quelconque propagande", assure-t-il. Antoine, 25 ans, habitant de Bègles, résume l'avis de nombreux participants : "Mon impression est qu'en France, dès qu'on valorise un peu les villages, qu'on parle de terroir et de campagne, c'est vu comme être un facho".
Une indifférence affichée envers les soutiens financiers
Frédéric, 60 ans, Bordelais et membre des Ultramarines, avoue ne même pas connaître Pierre-Édouard Stérin. "Les critiques donnent encore plus envie d'y aller", confie-t-il, en insistant sur l'absence de racisme parmi les convives. Cette indifférence semble partagée par beaucoup, qui préfèrent se concentrer sur l'ambiance chaleureuse et les discussions autour du rugby ou de la nourriture, plutôt que sur les affiliations politiques des investisseurs.
Malgré les oppositions, le Canon français continue d'organiser ses banquets une à deux fois par mois à travers la France, affirmant remplir des salles et créer des moments de partage. Les organisateurs maintiennent que leur objectif reste de célébrer la culture française, loin des clivages politiques qui entourent désormais leurs événements.



