1er-Mai : le cortège parisien s'élance, Attal et Lecornu chez les boulangers
1er-Mai : cortège parisien, Attal et Lecornu chez les boulangers

Le cortège de la manifestation parisienne du 1er-Mai s'est élancé en début d'après-midi ce vendredi, avec pour mot d'ordre la défense des droits acquis, notamment le caractère férié et chômé de cette journée internationale des travailleurs. Pendant que les manifestants défilent dans les rues de la capitale, la majorité gouvernementale s'affiche dans des commerces pour plaider l'ouverture des boulangeries et des fleuristes en ce jour symbolique.

Attal et Lecornu font leurs courses

Le Premier ministre Sébastien Lecornu a choisi le 1er-Mai pour effectuer ses achats à Saint-Julien-Chapteuil, en Haute-Loire, à l'invitation de Laurent Wauquiez, député et président du groupe LR à l'Assemblée nationale. Il s'est d'abord arrêté chez une fleuriste avant de se rendre à la boulangerie-pâtisserie « Un brin gourmand » pour acheter du pain. Interrogeant le boulanger sur les conditions d'ouverture, l'artisan a affirmé ne pas avoir hésité, sollicitant un employé et une vendeuse. Laurent Wauquiez a alors déclaré : « Il s'est beaucoup battu pour que ça puisse être ouvert le 1er-Mai, notre Premier ministre », ce à quoi Sébastien Lecornu a répondu : « On n'a pas une Assemblée nationale toujours bien facile. »

Quelques semaines plus tôt, le gouvernement avait renoncé à faire avancer une proposition de loi autorisant l'ouverture des boulangeries et fleuristes le 1er-Mai, faute de majorité. Toutefois, une consigne de clémence a été donnée à l'administration : selon une source gouvernementale, seuls cinq contrôles (trois boulangeries et deux fleuristes) avaient été effectués par l'inspection du travail à la mi-journée. À Vanves (Hauts-de-Seine), l'ancien Premier ministre Gabriel Attal est même passé derrière le comptoir de la boulangerie « Les Toqués du pain » pour servir une cliente, affirmant : « Ce serait un scandale s'il y avait des verbalisations aujourd'hui, j'espère que l'intelligence collective prévaudra. »

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Binet fustige la « délinquance patronale », Léon dénonce la « politique spectacle »

Ces mises en scène ont exaspéré les responsables syndicaux. Marilyse Léon, secrétaire générale de la CFDT, a dénoncé une « politique spectacle » de la part de Lecornu et Attal : « Les responsables politiques qui vont dans une boulangerie, je pense que ça fait partie d'une politique spectacle dont on n'a pas besoin aujourd'hui. On a besoin de donner à voir ce qu'est la réalité d'un salarié en boulangerie. » Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, a quant à elle dénoncé une « cacophonie gouvernementale qui a laissé libre cours à la délinquance patronale ».

« Qui a la liberté de dire non à son patron ? », interroge Mélenchon

Avant le départ du cortège, Jean-Luc Mélenchon, chef de file de La France insoumise, a pris la parole : « Quand le parti du Président propose d'abroger pour le 1er mai l'application du jour férié aux boulangers et aux fleuristes, est-ce qu'ils nous prennent vraiment pour des imbéciles ? Qui a la liberté de dire non à son patron ? » Il a également lancé : « Nous sommes aujourd'hui à moins d'un an du deuxième tour de l'élection présidentielle de 2027. Et nous sommes prêts ! »

Olivier Faure enfariné à Amiens

Le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, participait à la manifestation d'Amiens aux côtés du maire Frédéric Fauvet. À la fin du défilé, de la farine a été jetée sur lui et des manifestants ont crié « le PS, dehors » et « Casse-toi, sale traître », rapportent nos confrères de la radio locale Ici Picardie.

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