Bayonne : 19 ans de prison pour le meurtre d'un festayre, l'accusé insulte la famille
19 ans pour meurtre aux Fêtes de Bayonne, l'accusé insulte la famille

À l'annonce de sa condamnation à dix-neuf ans de réclusion criminelle pour avoir mortellement frappé un festayre aux Fêtes de Bayonne, Jérôme Vérin a insulté la famille de la victime en montrant son vrai visage, après deux jours de procès devant la cour d'assises des Pyrénées-Atlantiques.

Deux coups mortels

Deux coups d'une extrême violence ont suffi à ôter la vie d'un homme. Deux coups précis, une droite et une gauche, portées au visage d'un homme de 58 ans en état d'ivresse, sur la voie publique, pendant les Fêtes de Bayonne. Éric Courdy avait passé cette journée festive du jeudi 11 juillet 2024 avec sa femme et ses enfants, profitant de l'allégresse et de la vie en rouge et blanc. En prenant le bus sur la place des Basques pour rentrer chez lui, vers 21 heures, il est tombé sur la mauvaise personne, au mauvais moment. Oui, il avait trop bu. Oui, il avait déclenché la colère de son agresseur qui « parlait fort » en l'insultant, pensant à tort qu'il s'en était pris au conducteur de bus. Mais jamais il n'aurait mérité d'en mourir, après cinq jours d'agonie à l'hôpital de Bayonne.

Un profil judiciaire inquiétant

Son agresseur, Jérôme Vérin, un Guadeloupéen de 42 ans, ancien boxeur à la carrure imposante, a été condamné à dix-neuf ans de réclusion criminelle par la cour d'assises des Pyrénées-Atlantiques, ce mardi 5 mai, à Pau, pour violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner, en récidive. Son profil judiciaire, dessiné lors de ces deux jours de procès, est particulièrement inquiétant : 17 condamnations, dont 12 fois pour des violences, 20 incidents de violences ou menaces relevés lors de ses incarcérations. Ses huit dernières compagnes ont toutes été victimes de violences conjugales. Lorsqu'il a frappé Éric Courdy, il venait de sortir de prison, trois semaines plus tôt. Les coups ont été si violents que l'œil droit de la victime est sorti de son orbite. L'ancien boxeur avait « conscience de sa force physique et que ses poings étaient des armes », ont estimé les avocats de la partie civile, Mes Marion Duhalde et Alain Astabie. En 2016, à Bayonne, il avait déjà crevé l'œil d'un homme en lui assénant un coup de poing. « Bis repetita », huit ans plus tard, rappelle Me Astabie, lors de sa plaidoirie devant les jurés.

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Le témoignage poignant de la mère

« Vous avez tué mon fils ! En tant que boxeur, vous saviez où taper. Je devrais vivre avec cela jusqu'à la fin de mes jours ! Ce foulard qu'il portait ce jour-là, c'est mon seul souvenir de lui, je le porte tous les jours. On ne se remet jamais de la mort d'un enfant », sanglote à la barre Michelle, sa mère de 80 ans, foulard rouge autour du poignet. Son témoignage spontané a été le moment le plus fort du procès. « Ma fille n'a pas supporté la mort de son frère. On l'a retrouvée morte cinq jours plus tard, d'un coma diabétique. Vous avez brisé ma famille ! » lance-t-elle en défiant l'accusé droit dans les yeux. Ce dernier ne peut qu'acquiescer. Mais il ne manifeste aucune émotion.

Cela correspond à son trouble de la personnalité décrit par les experts psychiatres et psychologues : « impulsif », « intolérant à la frustration », « agressif », « antisocial », avec « une absence de culpabilité et d'empathie ». Un trouble de la personnalité qui ne se soigne pas. « Il est donc dangereux pour la société », a conclu l'avocate générale, Jeanne François, qui a requis vingt ans de réclusion criminelle, en s'appuyant sur le risque de récidive.

Un accusé qui minimise les faits

Tout au long du procès, l'ancien boxeur à l'enfance marquée par un climat de violence instauré par son père, n'a cessé de minimiser les faits, sans jamais se remettre en question. Interrogé sur ses précédentes condamnations, il a adopté la même défense, se présentant comme la victime d'une injustice. « Je n'ai pas de chance avec la justice. C'est allé trop loin juste pour un coup de poing […] J'ai juste eu peur qu'il ait un couteau », avait-il déclaré à l'audience lundi.

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Une défense catastrophique qui a laissé son avocat, Me Nicolas Pulido, seul contre tous. « Je vous demande de prendre en compte le contexte de montée en tension dans le bus et de vous mettre à la place de M. Vérin. Il a vécu l'agression verbale de M. Courdy comme une injustice. Il ne cherchait pas à donner la mort. » Il estime qu'un « accord de violence physique » avait été acté entre les deux hommes dans le bus, Éric Courdy sortant en premier pour s'expliquer, grisé par l'alcool. « Sans cette consommation excessive, il aurait sans doute été plus discernant », a estimé l'avocate générale.

Des insultes après le verdict

À l'annonce du verdict, Jérôme Vérin a montré son vrai visage. « Qu'Éric pourrisse sous terre ! Vous n'avez qu'à crever ! », a-t-il lancé d'une colère froide à la famille Courdy, en refusant de quitter le box, prêt à exploser. La partie civile estimait qu'il avait déjà « sali la mémoire » d'Éric Courdy dès le lendemain de l'agression, en l'accusant d'injures racistes, totalement infondées.