Onze hommes et trois de leurs compagnes, suspectés d'avoir été « aux commandes » d'un important trafic de stupéfiants qui alimentait le nord de la Franche-Comté en drogues variées (cannabis, cocaïne, héroïne, kétamine, ecstasy), ont été interpellés lundi dans l'agglomération de Montbéliard (Doubs), dans le Territoire de Belfort et à Strasbourg, a indiqué lors d'une conférence de presse le procureur Paul-Edouard Lallois.
Mise en examen et détention provisoire
Âgés de 26 à 40 ans, les suspects ont été mis en examen pour « trafic de stupéfiants », « association de malfaiteurs », « blanchiment d'argent aggravé » ou encore « non-justification de ressources ». Neuf d'entre eux ont été placés en détention provisoire et cinq, dont les trois femmes, sous contrôle judiciaire, a précisé le magistrat.
Saisies fructueuses de près de 740 000 euros
« La totalité en valeur des saisies avoisine les 740 000 euros », s'est félicité le procureur en évoquant des « saisies particulièrement fructueuses ». Les enquêteurs ont notamment mis la main sur près de 20 kg de produits stupéfiants d'une valeur marchande de 330 000 euros, 160 600 euros en numéraire, dont 100 000 euros au domicile d'un seul homme, ainsi que des biens comme des véhicules, du matériel informatique, des vêtements ou des accessoires de luxe. « Ce qui importe c'est de taper là où ça fait mal. La lutte contre le narcotrafic passe par ça », a souligné le procureur.
Un niveau de vie sans profession
Les suspects étaient pour la plupart sans profession et vivaient « très au-delà des moyens officiels dont ils disposaient ». Certains des mis en cause étaient déjà connus de la justice pour des faits de trafic de stupéfiants, d'escroquerie ou de violences. Au contraire, les trois femmes interpellées avaient une profession et aucun antécédent judiciaire.
Une organisation tentaculaire et quasi industrielle
La procédure avait débuté fin 2024 dans le secteur de Pont-de-Roide (Doubs). Les investigations, menées en cosaisine entre les services de police et de gendarmerie, ont révélé « une organisation tentaculaire et quasi industrielle, générant des bénéfices compris entre 150 000 et 200 000 euros par mois », selon Paul-Edouard Lallois. Les trafiquants s'approvisionnaient en produits stupéfiants à l'étranger, aux Pays-Bas et en Espagne, avec des liens à Paris, Lyon ou Besançon.



