Saint-Denis : une mobilisation massive contre le racisme, LFI appelle à une nouvelle marche à Paris
Saint-Denis : mobilisation contre le racisme, LFI appelle à Paris

Une mobilisation historique contre le racisme à Saint-Denis

Ce samedi 4 avril 2026, plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées à Saint-Denis pour exprimer leur soutien au nouveau maire Bally Bagayoko, victime de propos racistes depuis son élection dès le premier tour le 15 mars. Dans une ambiance festive et sans incident, environ 6.000 manifestants se sont massés devant la mairie, scandant "Résistance ! Résistance !" et "Nous sommes la France !" à l'appel de l'édile insoumis.

Les réactions politiques et l'appel à une nouvelle mobilisation

Bally Bagayoko a dénoncé depuis la tribune "l'irresponsabilité d'un ensemble de médias racistes qui font prospérer le racisme". Il a été rejoint par de nombreuses personnalités politiques de gauche, dont Jean-Luc Mélenchon, Mathilde Panot, Sophia Chikirou, Sébastien Delogu et le nouveau maire de Roubaix David Guiraud, ainsi qu'une délégation socialiste. Le député de Seine-Saint-Denis Eric Coquerel a confirmé sur X : "Prochain rendez-vous le 3 mai pour marcher à Paris contre le racisme".

Le contexte médiatique et judiciaire

Les 27 et 28 mars, sur CNews, chaîne du groupe Bolloré, des propos comparant M. Bagayoko à "la famille des grands singes" et évoquant une attitude de "mâle dominant" ont été tenus. En réponse, le parquet de Paris a ouvert une enquête pour "injure publique en raison de l'origine, l'ethnie, la nation, la race ou la religion", suite au dépôt de plainte de l'élu. La chaîne conteste "formellement que de quelconques propos racistes aient été tenus".

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Les tensions politiques et l'absence gouvernementale

Malgré la présence de certains élus socialistes comme Stéphane Troussel, président du département de Seine-Saint-Denis, des tensions subsistent entre LFI et le PS. Le maire de La Courneuve Aly Diouara a estimé que le PS devait "se ressaisir ou dégager". Par ailleurs, Bally Bagayoko a regretté l'absence de la ministre déléguée chargée de la Lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, tout en remerciant sa solidarité téléphonique. Le ministre de l'Éducation nationale, Edouard Geffray, a justifié cette absence en affirmant que "la place d'un ministre, ce n'est pas d'être dans une manifestation citoyenne".

Les témoignages et les actes de vandalisme

Karim, fonctionnaire de 52 ans, a déploré : "Le racisme, c'est un délit et on en fait une opinion". Kantéba Camara-Sissoko, élue PCF à Gennevilliers, s'est dite "réconfortée" par ce rassemblement après avoir été révoltée par les propos visant M. Bagayoko. Parallèlement, à Bagnères-de-Bigorre, des tags demandant la "remigration" de M. Bagayoko et d'autres élus LFI ont été découverts, conduisant la mairie à porter plainte.

Les perspectives futures

Cette mobilisation marque un tournant dans la lutte contre le racisme en France, avec un appel clair à poursuivre le mouvement. La nouvelle manifestation prévue le 3 mai à Paris devrait rassembler encore plus de participants, dans un contexte où le gouvernement affirme partager "complètement" ce combat, malgré les critiques sur son engagement concret.

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