Némésis et l'Iran : une stratégie de communication révélatrice
Le collectif d'extrême droite Némésis, qui se présente comme un groupe féministe, a activement investi le débat sur la situation en Iran depuis le début de l'année 2026. Cette prise de position, qui pourrait sembler surprenante de prime abord, s'inscrit en réalité dans une stratégie de communication bien rodée visant à servir l'idéologie du groupe.
Une mobilisation ciblée sur les réseaux sociaux
Dès le 8 janvier 2026, Némésis a commencé à partager massivement du contenu concernant l'Iran sur les plateformes numériques, notamment sur X. Le collectif, qualifié de « fémonationaliste » par les observateurs, s'est ainsi positionné en défenseur apparent du combat des Iraniennes. Cette apparition soudaine dans le débat fait suite aux premières protestations qui ont éclaté en Iran le 28 décembre de l'année précédente.
La présidente du collectif, Alice Cordier, a même été photographiée brandissant une pancarte condamnant le président iranien Khamenei lors d'une manifestation à Paris le 11 janvier 2026. Cette image, largement diffusée, symbolise l'appropriation médiatique de la cause iranienne par le groupe.
Un discours sous-jacent anti-islam et anti-gauche
Derrière cette apparente solidarité se cache cependant l'idéologie habituelle de Némésis. Le collectif profite de la situation en Iran pour corréler systématiquement l'islam à une religion présentée comme « dangereuse » pour les femmes. Cette instrumentalisation permet au groupe de dénigrer simultanément les associations féministes traditionnelles et la gauche politique, accusées de complaisance ou de silence.
Un exemple récent illustre parfaitement cette stratégie : alors que La France insoumise a critiqué l'attaque des États-Unis et d'Israël contre l'Iran le 28 février, Némésis a immédiatement répliqué en accusant le mouvement de gauche de « verser plus de larmes pour la mort de Khamenei que pour le meurtre de Quentin ». Cette comparaison polémique vise à discréditer l'opposition de gauche tout en renforçant le narratif du groupe.
Une méthode de communication récurrente
Ce n'est pas la première fois que Némésis utilise la situation internationale, et particulièrement celle de l'Iran, dans sa communication. Déjà le 16 janvier 2026, des analyses soulignaient cette tendance, aujourd'hui confirmée et amplifiée. Le collectif semble avoir développé une méthode consistant à :
- Saisir les crises internationales impliquant des pays musulmans
- Se présenter comme le défenseur des femmes opprimées
- Utiliser cette position pour attaquer l'islam dans son ensemble
- Discréditer les mouvements féministes et politiques concurrents
Cette approche permet à Némésis de toucher un public plus large que son cercle traditionnel, tout en maintenant son discours idéologique fondamental. Le groupe, qui compte principalement des femmes se revendiquant féministes tout en adhérant à des positions d'extrême droite, continue ainsi de développer son influence sur les réseaux sociaux et dans l'espace médiatique français.



