Écart salarial persistant : les femmes du privé gagnent 13,8% de moins que les hommes
Selon une étude récente de l'Insee Provence-Alpes-Côte d'Azur, réalisée en partenariat avec la Direction régionale aux droits des femmes et à l'égalité, les femmes salariées du secteur privé perçoivent un revenu net mensuel moyen de 1 699 euros, contre 2 128 euros pour les hommes en 2024. Cette différence représente un écart moyen de 13,8%, légèrement supérieur à la moyenne de province qui s'établit à 13,4%.
Des disparités qui persistent même à temps de travail égal
L'étude précise que si le temps partiel, plus fréquent chez les femmes, explique partiellement cet écart, celui-ci se maintient même en équivalent temps plein. La différence de salaire net en EQTP reste ainsi significative à 13,8%, démontrant que les inégalités ne se réduisent pas simplement par l'alignement des volumes horaires.
Concentration dans les métiers peu rémunérés et sous-représentation dans les hauts salaires
L'analyse révèle plusieurs facteurs structurels contribuant à ces écarts. Les femmes sont surreprésentées dans les professions les moins payées : elles occupent 45% des emplois dans les 10 métiers du privé offrant des salaires inférieurs à 1 800 euros nets mensuels moyens, mais seulement 30% parmi les 10 professions rémunérées au-delà de 4 200 euros.
Cette sous-représentation s'accentue dans les échelons supérieurs :
- Seulement 29% des postes dans les 10% de salaires les plus élevés (au-delà de 4 033 euros mensuels en EQTP) sont occupés par des femmes
- Cette proportion chute à 21% pour les 1% les mieux rémunérés (au-delà de 8 530 euros)
Des écarts spectaculaires au sein des mêmes professions
L'étude met en lumière des disparités particulièrement marquées au sein de certaines familles professionnelles, même lorsque les femmes y sont majoritaires :
- Professionnels de l'action culturelle, sportive et surveillants : avec 53% de femmes, l'écart salarial moyen atteint 46%, soit 1 571 euros nets de moins par mois pour les femmes
- Médecins et assimilés : les femmes représentent 65% des effectifs mais perçoivent en moyenne 1 210 euros de moins mensuellement, un écart de près de 19%
- Communication et information : secteur à 67% féminin où l'écart s'élève à 603 euros par mois
Des variations selon l'âge, la taille d'entreprise et le territoire
L'écart salarial s'accentue avec l'expérience professionnelle : il atteint 20% chez les plus de 50 ans, contre seulement 6% pour les moins de 30 ans. La taille de l'entreprise joue également un rôle déterminant :
- 5% dans les très petites entreprises
- 11% dans les petites et moyennes entreprises
- Plus de 19% dans les grands groupes
Des disparités territoriales significatives sont également observées en Provence-Alpes-Côte d'Azur :
- 6,1% dans les Hautes-Alpes
- 15,0% dans les Bouches-du-Rhône
- 15,4% dans les Alpes-Maritimes
Ces variations s'expliquent notamment par la structure de l'emploi local, les écarts étant plus prononcés dans les départements à forte concentration de cadres, où les différences de rémunération sont historiquement les plus élevées.
Cette étude quantitative, basée sur la base de données Tous salariés, confirme la persistance des inégalités salariales entre femmes et hommes dans le secteur privé, mettant en lumière des mécanismes structurels qui dépassent la simple question du temps de travail et soulignant la nécessité de politiques ciblées pour réduire ces écarts.



