Dilan, entre Algérie, Kurdistan et Arménie : « J’ai redécouvert mon origine »
Dilan, entre trois cultures : « J’ai redécouvert mon origine »

Dilan, jeune femme de 20 ans, a été élevée par une mère algérienne et un père kurdo-arménien, qu’elle voyait peu. Depuis qu’ils ont renoué, elle s’est lancée dans la recherche de l’histoire de ses origines multiples. Après avoir étudié le génocide arménien à l’école, elle a voulu se plonger dans l’histoire du pays de son père et de son grand-père, notamment en se rendant dans des centres culturels arméniens.

Un héritage complexe

Alors qu’en France, une personne sur trois est issue de la première, deuxième ou troisième génération d’une famille immigrée, Dilan est issue de trois cultures différentes : à la fois kurde, arménienne et algérienne. Produit du mélange de ces diasporas au passé tragique, elle porte un héritage complexe. Elle s’est plongée dans l’histoire de sa famille et des peuples dont elle est issue.

À l’époque coloniale, le mot « métissage » cherchait à définir les individus qui venaient perturber l’ordre racial : ni blanc, ni noir. Aujourd’hui, le mélange des diasporas a fait émerger de nouveaux questionnements sur l’identité.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Un parcours de redécouverte

« Souvent, quand je dis que je suis algérienne, arménienne et kurde, j’entends : “C’est stylé tes origines, c’est rare ce mélange…” Moi, comme j’ai grandi avec, je trouve ça normal. Mais quand j’étais petite et qu’on me demandait d’où je venais, je répondais que j’étais juste algérienne », confie Dilan. Ses parents, eux, ont des histoires différentes : sa mère algérienne a choisi de ne pas transmettre l’arabe à ses enfants pour favoriser leur intégration, tandis que son père kurdo-arménien, qu’elle voyait peu, portait une histoire marquée par le génocide.

La découverte du génocide arménien à l’école a été un déclic. « Quand on a parlé du génocide arménien à l’école, j’ai redécouvert mon origine », explique-t-elle. Ce cours a éveillé sa curiosité pour l’histoire de son père et de son grand-père, la poussant à fréquenter des centres culturels arméniens pour approfondir ses connaissances.

Un cheminement identitaire

Ce travail de mémoire s’inscrit dans un contexte plus large : en France, une personne sur trois est issue de l’immigration sur trois générations, et les récits de métissage se multiplient. Pour Dilan, cette exploration est un moyen de comprendre son héritage et de le transmettre à son tour.

Son histoire illustre les questionnements identitaires que vivent de nombreux descendants de diasporas. En renouant avec son père et en explorant ses racines arméniennes, Dilan a trouvé un équilibre entre ses trois cultures, sans renoncer à aucune.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale