Charente-Maritime : 115 femmes élues maires, mais toujours absentes des grandes villes
115 femmes maires en Charente-Maritime, progrès limité

Charente-Maritime : une progression timide des femmes maires après les élections municipales

Un quart de siècle après l'instauration des lois sur la parité en politique, le bilan des dernières élections municipales en Charente-Maritime révèle des avancées modestes pour les femmes. Selon les chiffres officiels publiés après le second tour, 115 femmes viennent d'être élues à la tête d'une commune dans le département, contre 103 en 2020. Cela représente 24 % des édiles, une légère amélioration qui masque cependant des disparités territoriales significatives et une absence persistante dans les grandes villes.

Des progrès inégaux selon les territoires

La progression globale cache en réalité des situations contrastées. Dans certaines zones, la part des femmes maires recule, tandis qu'elle augmente dans d'autres. L'agglomération de La Rochelle compte désormais 6 femmes maires sur 28 communes, contre 7 en 2020. À Périgny, Marie Ligonnière a été battue par Cédric Lafage, et à Clavette, Sylvie Guéry Gazeau, qui ne se représentait pas, a été remplacée par un homme. Cependant, Aytré compense partiellement ce recul avec l'élection d'Hélène Rata face à Tony Loisel.

Même tendance à la baisse dans l'agglomération de Saintes, qui passe de 8 à 7 femmes maires sur 36 communes. On compte six maintenues, deux départs (à Migron et Vénérand) et une arrivée (à Burie). En revanche, l'agglomération de Royan enregistre une progression, avec treize femmes maires contre douze avant les élections. Neuf ont été réélues, trois ont été battues par un homme, dont Laurence Osta Amigo à La Tremblade, et quatre ont succédé à un homme.

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Des avancées localisées mais significatives

À Rochefort, la communauté d'agglomération Caro obtient 6 femmes maires sur 25 communes, soit trois de plus qu'en 2020. Trois élues ont pris le pouvoir à des hommes à Échillais, Fouras et Saint-Jean-d'Angle. À Breuil-Magné, Muron et Saint-Coutant-le-Grand, les femmes en poste ont été reconduites. À Marennes, une femme en remplace une autre.

Sur l'île d'Oléron, le jeu des vases communicants se poursuit : Saint-Denis et Grand Village passent d'un maire homme à une femme, avec Fabienne Ford et Chantal Chartier respectivement. En revanche, Saint-Trojan-les-Bains passe d'une femme à un homme, Jim Roumegous, tandis que Saint-Georges reste avec une femme, Dominique Rabelle. À La Brée-les-Bains, Saint-Pierre, Dolus et Le Château, les hommes conservent leur poste.

L'absence persistante dans les grandes villes

Malgré l'augmentation du nombre total de femmes maires, leur visibilité reste bien moindre que celle des hommes, car elles ne parviennent toujours pas à accéder aux grandes villes. À l'image de la tendance régionale, où aucune femme n'a été élue maire dans des villes de plus de 25 000 habitants dans le Sud-Ouest, elles sont absentes des quatre principales cités du département : La Rochelle, Rochefort, Saintes et Royan.

Parmi les dix communes les plus peuplées de Charente-Maritime, Hélène Rata sauve la mise après son élection à Aytré, cinquième ville du département. À Surgères, après douze ans de mandat, Catherine Desprez a cédé la place à Thomas Godeau. À Saint-Jean-d'Angély, en onzième position avec près de 6 800 habitants, Françoise Mesnard, qui vient d'entamer son troisième mandat, fait figure d'exception. Elle détient désormais le record de longévité d'une femme à la tête de l'une des quinze principales communes de Charente-Maritime.

Ce bilan montre que si la parité progresse lentement dans les petites et moyennes communes, les grandes villes restent un bastion masculin, soulignant la nécessité de poursuivre les efforts pour une représentation équilibrée à tous les niveaux du pouvoir local.

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