Yvelines : des lycéens organisent un colloque éducatif avec une ex-ministre
Yvelines : lycéens organisent colloque éducatif avec ex-ministre

À Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines), les élèves du lycée Jules-Ferry ont créé leur propre espace de parole, ce vendredi matin, en conviant une ancienne ministre à un colloque sur le système éducatif. Les deux initiateurs du projet, Antoine Landais, 18 ans, et Nathan Le Coeur, 17 ans, tous deux élèves en terminale, planchaient sur l’événement depuis des mois.

Un colloque pour réunir tous les acteurs

Des enseignants, des membres du personnel éducatif, des élèves et des parents… L’objectif était de réunir tous les acteurs du système scolaire autour de trois thèmes centraux : la santé mentale des jeunes, les pistes « pour revaloriser l’école et l’Éducation nationale » et les difficultés liées à l’orientation post-Bac.

Anne Genetet, ancienne ministre de l’Éducation nationale et actuelle députée (Ensemble) de la onzième circonscription des Français établis à l’étranger, a participé à la rencontre toute la matinée. « Dans ce type d’événements, je suis complètement dans mon rôle de parlementaire. C’est un terreau extraordinaire, explique-t-elle au Parisien lors d’une pause. Pour pouvoir construire une politique publique, il faut confronter ses idées au terrain, écouter ».

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La santé mentale, priorité des échanges

Entre les murs du lycée Jules-Ferry, parmi tout ce qui devait être « écouté » ce vendredi, ce sont les questions liées à la santé mentale qui ont pris le dessus. « Chez les 15-29 ans, le suicide est la troisième cause de décès. On a malheureusement plein d’exemples. Mais rien n’avance : au contraire, ça se dégrade », a martelé un membre du Parlement des jeunes au micro.

Espace « de dialogue, de réflexion et de proposition », cette organisation réunit 200 jeunes âgés de 16 à 24 ans à travers toute la France. Antoine Landais, l’un des lycéens organisateurs du colloque, en fait partie.

« On ne peut pas laisser dire que l’institution ne fait rien pour la santé mentale, a plaidé une inspectrice de l’Éducation nationale. Nous connaissons les leviers. En la matière, il y a plein de ressources, plein de formations destinées au personnel. Mais il faut le temps que cela se diffuse dans les établissements ».

Guirchaume Abitbol, créateur avec sa fille, Niel, de l’appli Lyynk destinée à « accompagner les jeunes qui traversent des moments difficiles », se lève dans la salle : « La santé mentale était une priorité nationale en 2025. Qu’est-ce qui a été fait très concrètement depuis ?… Pour que les politiques se saisissent vraiment du sujet, il faut se mobiliser. La volonté politique viendra de vous », lâche-t-il à l’adresse des adolescents.

Un message d'espoir et des rendez-vous institutionnels

« Mauvaise image » du corps enseignant, « incompréhension générale à la suite des multiples réformes », crise des vocations liée au manque d’attractivité du métier… Face à la liste à rallonge des difficultés qui ont émergé, un membre du Parlement des jeunes a glissé ce « message d’espoir » : « Grâce à nous, les choses vont peut-être changer ».

Ce vendredi après-midi, les échanges du matin ont été restitués en haut lieu : les deux organisateurs du colloque et des représentants du Parlement des jeunes avaient rendez-vous au Palais-Bourbon avec Jules Plat, conseiller chargé de l’Éducation auprès de Yaël Braun-Pivet, présidente (yvelinoise) de l’Assemblée nationale.

Proposer des idées aux candidats à la présidentielle

« Les jeunes et le personnel éducatif se sentent de moins en moins accompagnés par l’Éducation nationale. C’est un constat : le système doit être amélioré. Notre volonté est de transmettre notre ressenti. Et de proposer des idées », explique Antoine Landais.

Délégué du conseil de la vie lycéenne (CVL) à Jules-Ferry, le jeune homme a commencé à s’intéresser à la politique après l’assassinat de Samuel Paty, enseignant de son ancien collège Bois d’Aulne à Conflans-Sainte-Honorine. « Nous avons vécu cet attentat. Et le défilé de ministres après le drame. C’est à ce moment-là que j’ai commencé à me dire qu’il faudrait bâtir des ponts entre les élèves et les Hauts fonctionnaires », résume-t-il.

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Au terme de son entretien à Paris, le lycéen espère pouvoir travailler « dès septembre prochain » avec le président de la commission des affaires culturelles et de l’Éducation à l’Assemblée nationale. « J’ai rattaché mon projet au Parlement des jeunes pour pouvoir continuer à travailler et pour soumettre des idées aux candidats à l’élection présidentielle, détaille le lycéen. L’idée est de porter la voix de la jeunesse ».