Un incident troublant dans une école parisienne
« Il leur montrait des vidéos de guerre, avec du sang, sur son téléphone. » Géraud*, père d'un élève de l'école élémentaire Chabrol à Paris, exprime une profonde inquiétude. Son fils, scolarisé en classe de CE2, lui a raconté qu'un animateur leur avait présenté des images inappropriées durant un atelier périscolaire. Selon le père, ces contenus violents ont « perturbé » l'enfant, laissant des traces psychologiques.
Un atelier de citoyenneté détourné
Six enfants âgés de 7 à 8 ans participaient à cet atelier, initialement conçu autour des thèmes de la citoyenneté, d'après plusieurs sources concordantes. Un courriel de la circonscription des affaires scolaires et de la petite enfance (Caspe) du 10e arrondissement, envoyé à un représentant des parents d'élèves et consulté par nos soins, précise qu'un « intervenant associatif » aurait « conçu un jeu vidéo sur la guerre et l'aurait montré aux enfants ». Cette révélation intervient dans un contexte déjà difficile pour cette famille, qui a dû changer d'établissement scolaire à cause d'une pollution au mercure, avant qu'un scandale de violence sexuelle dans l'ancienne école ne vienne s'ajouter aux préoccupations.
Réactions institutionnelles et manque de communication
Selon la Caspe, la directrice du périscolaire a immédiatement demandé à l'association de ne plus affecter cet intervenant à l'école, ce qui a été confirmé par plusieurs parents. « Une visite de contrôle et d'évaluation de l'atelier sera programmée dans les semaines qui viennent », promet également l'administration. Cependant, il n'a pas été possible de vérifier si l'animateur concerné continue d'exercer au sein de l'association ou dans d'autres établissements scolaires.
« Cela a été très bien géré en interne par notre directrice du périscolaire », indique un parent élu, tout en regrettant l'absence de communication officielle sur ces faits aux parents des six élèves directement concernés. Ce silence institutionnel alimente les craintes des familles quant à la transparence des procédures.
Un débat plus large sur la formation des animateurs
Contacté par nos soins, le collectif Sos périscolaire juge cet incident révélateur du manque de formation des animateurs et animatrices, et plus largement de la place accordée aux enfants dans notre société. « Le brevet d'aptitude aux fonctions d'animateur (Bafa) est conçu pour encadrer des colonies de vacances, pour de la garde occasionnelle. Pourquoi est-ce qu'on demande à quelqu'un qui vend de la moutarde de sortir d'une grande école, alors qu'une personne qui s'occupe d'un enfant peut n'avoir aucun diplôme ? », s'interroge Anne, l'une des cofondatrices du collectif.
La Ville de Paris compte 2.500 adjoints d'animation et 1.000 animatrices et animateurs contractuels, contre 8.500 vacataires au statut précaire, selon le syndicat Supap-Fsu. Les organismes accueillant des mineurs, comme les structures périscolaires, peuvent employer des personnes titulaires du Bafa ou de diplômes équivalents, tels que le CAP Accompagnement éducatif petite enfance (AEPE). Cependant, ils sont également autorisés à recruter jusqu'à 20 % de personnel sans diplôme spécifique, un seuil parfois dépassé dans les territoires confrontés à des difficultés de recrutement aiguës.
Une réponse municipale attendue
Contactée à plusieurs reprises, la mairie de Paris n'avait pas répondu à nos sollicitations au moment de la publication de cet article. Cet incident soulève des questions cruciales sur la sécurité et le bien-être des enfants dans les activités périscolaires, ainsi que sur les standards de recrutement et de formation du personnel éducatif. Les parents et les associations réclament des mesures concrètes pour éviter que de tels événements ne se reproduisent, insistant sur la nécessité d'une meilleure supervision et d'une communication transparente avec les familles.



