Vaccination des adolescents : une campagne ciblée pour la rentrée
Depuis le 15 juin 2021, la vaccination contre le Covid-19 est accessible aux jeunes âgés de 12 à 17 ans. Cette mesure vise à freiner la pandémie à l'approche de la rentrée scolaire de septembre. Pour les enfants de moins de 12 ans, la vaccination n'est pas requise, conformément aux directives sanitaires en vigueur.
Un pass sanitaire exigé dans certains lieux
Les adolescents de 12 à 17 ans ont jusqu'au 30 septembre pour compléter leur schéma vaccinal. Passé cette date, un pass sanitaire sera nécessaire pour accéder aux espaces où il est obligatoire. Ce pass peut être obtenu via un test PCR ou antigénique de moins de 72 heures, ou un certificat de rétablissement après une infection datant de moins de six mois. Important : les établissements scolaires ne sont pas soumis à cette obligation, garantissant ainsi l'accès à l'éducation pour tous les élèves.
Modalités pratiques pour la vaccination
Pour les adolescents de 12 à 15 ans, l'accord d'un seul parent suffit pour la vaccination. À partir de 16 ans, aucun consentement parental n'est requis. Les parents peuvent se rendre dans des centres de vaccination classiques, où des créneaux sont régulièrement ajoutés, ou opter pour la vaccination en milieu scolaire. Le ministère de l'Éducation nationale a mis en place une offre de vaccination dans les établissements, avec le déplacement de personnel de l'Agence régionale de santé (ARS), malgré certaines difficultés logistiques anticipées.
Lors d'une conférence de presse le 26 août, Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Éducation nationale, a souligné : "Nous nous mettons en situation de les gérer, en tirant aussi l'expérience des 18 mois passés. D'ailleurs, un premier retour d'expérience est plutôt encourageant, puisque beaucoup d'élèves à la Réunion, où la rentrée a déjà eu lieu, demandent à être vaccinés dans ce cadre-là." Selon les données ministérielles, 57 % des 12-17 ans ont reçu au moins une dose de vaccin.
Les spécificités des classes de 6e
La vaccination concerne les adolescents de 12 à 17 ans, incluant les collégiens et lycéens, mais excluant généralement les élèves de 6e, dont la plupart n'ont pas encore 12 ans. Cette situation a créé des interrogations dans le protocole sanitaire. Le ministère de la Santé a clarifié la règle : "tout enfant ou adolescent de moins de 12 ans ne peut recevoir de vaccin, c'est une règle claire des autorités de santé, qu'ils soient au collège ou pas." Aucune dérogation n'est prévue, et les collégiens de 11 ans positifs ou cas contacts devront s'isoler avant un retour en classe après un test négatif.
En cas de test positif dans une classe de 6e, celle-ci devra fermer, une mesure critiquée par certains syndicats. Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, s'est interrogée sur le sort de ces élèves, tandis que Nageate Belahcen, coprésidente de la FCPE, a dénoncé sur BFMTV "une école à deux vitesses, une école des vaccinés et des non-vaccinés."
La vaccination des enseignants : un débat public
Les enseignants, en contact régulier avec les élèves, ont été au cœur des discussions sur la vaccination. Bien que les enfants soient moins sujets aux formes graves du Covid-19, ils peuvent être porteurs du virus, posant des questions de protection mutuelle. Depuis fin 2020, la vaccination a été rendue obligatoire pour certaines professions, comme les personnels de santé et des maisons de retraite, avec une échéance au 15 septembre et une tolérance jusqu'au 15 octobre.
Cependant, les enseignants ne font pas partie de ces catégories obligatoires. Jean-Michel Blanquer a affirmé : "Nous ne sommes pas partis pour une obligation vaccinale." Le 8 juillet, il justifiait cette décision en notant que les enseignants étaient moins contaminés que la moyenne et évoquait une possible révision si la couverture vaccinale restait faible fin août.
Des chiffres encourageants
Selon les données du 26 août, 78 % des enseignants déclarent un schéma vaccinal complet, et 11 % sont en cours de vaccination. En Occitanie, le rectorat rapporte des chiffres similaires. Ces taux dépassent la moyenne nationale, qui s'élève à un peu plus de 60 % de personnes totalement vaccinées. Cette campagne vise à atteindre une couverture vaccinale élevée parmi les éducateurs pour assurer une rentrée scolaire en toute sécurité.



