L'Union européenne dévoile un projet d'application contre le cyberharcèlement des mineurs
La Commission européenne a officiellement présenté, ce mardi 10 février, son intention de créer une application spécifiquement conçue pour aider les jeunes victimes de harcèlement en ligne. Cet outil innovant permettra aux enfants de signaler les abus de manière sécurisée et d'accéder à des ressources d'assistance adaptées. Cette initiative s'inscrit dans un plan d'action plus vaste de l'UE visant à protéger les mineurs contre les dangers numériques, alors que le cyberharcèlement affecte jusqu'à un enfant sur six âgé de 11 à 15 ans selon les données communautaires.
Un outil inspiré des modèles existants comme le 3018 français
Le projet, encore à ses débuts, s'appuiera sur les expériences réussies d'outils déjà opérationnels dans certains États membres. L'exécutif européen cite notamment l'application et la ligne d'assistance « 3018 » en France comme source d'inspiration. L'objectif est de développer un modèle d'application européen que chaque pays pourra ensuite adapter selon ses besoins nationaux et ses infrastructures locales.
Fonctionnalités clés et déclarations des responsables
À terme, cette application offrira plusieurs fonctionnalités essentielles :
- Un signalement confidentiel des cas de harcèlement à une ligne d'assistance nationale.
- Un stockage et un envoi sécurisés des preuves numériques.
- Un accès facilité à l'aide des services compétents, qu'il s'agisse des forces de l'ordre, de l'éducation ou de la protection de l'enfance.
« Les enfants et les jeunes ont le droit d'être en sécurité lorsqu'ils sont en ligne », a insisté Henna Virkkunen, commissaire européenne chargée du numérique. « Le cyberharcèlement porte atteinte à ce droit, les laissant blessés, seuls et humiliés. Aucun enfant ne devrait être amené à ressentir cela ».
Un contexte d'actions multiples pour la protection des mineurs en ligne
Cette proposition s'inscrit dans une stratégie européenne plus large de protection des enfants contre les effets néfastes des réseaux sociaux et des technologies. L'UE explore actuellement plusieurs pistes, notamment :
- L'étude d'une éventuelle interdiction des réseaux sociaux pour les jeunes adolescents à l'échelle de l'Union.
- Le développement d'un nouvel outil de vérification de l'âge plus fiable.
- La lutte contre les fonctionnalités addictives des applications populaires.
Le plan d'action contre le harcèlement en ligne prévoit également une mise en œuvre ciblée des législations européennes existantes. Cela inclut le renforcement des règles de la loi sur les services numériques (DSA) pour mieux protéger les mineurs, ainsi que l'application stricte de la loi sur l'intelligence artificielle pour contrer l'utilisation malveillante des deepfakes à des fins de harcèlement.
Cette approche multidimensionnelle souligne l'engagement de l'Union européenne à créer un environnement numérique plus sûr pour les générations futures, en combinant innovation technologique et cadre juridique robuste.



