Trois générations d'une même famille réunies par le lycée agricole de La Peyrouse en Dordogne
Trois générations au lycée agricole de La Peyrouse en Dordogne

Une dynastie familiale au lycée agricole de La Peyrouse en Dordogne

L'établissement de Coulounieix-Chamiers, en Dordogne, a vu se succéder plusieurs dynasties d'élèves au fil des décennies. Un exemple frappant est celui de la famille Lagarde, originaire d'Eyvirat, où trois générations ont fréquenté les mêmes bancs scolaires. Alors que le lycée agricole de La Peyrouse s'apprête à fêter ses 60 ans le 25 avril, toute la famille Lagarde sera présente pour célébrer cet anniversaire marquant.

Trois générations, un même établissement

Dans la famille Lagarde, on trouve Guy-José, 69 ans, le grand-père, ses fils Nicolas et Lionel, âgés respectivement de 47 et 43 ans, et Maëlys, 16 ans, la fille de Nicolas. Ces trois générations partagent un point commun peu ordinaire : avoir toutes étudié au lycée agricole de La Peyrouse, à Coulounieix-Chamiers. À la demande de Sud Ouest, ils se sont réunis chez Nicolas et son épouse, à Eyvirat, dans la commune de Brantôme-en-Périgord, pour évoquer leurs souvenirs croisés.

Le vendredi soir de cette rencontre, Maëlys venait tout juste de rentrer du lycée où elle est interne, tout comme son papy, son papa et son tonton l'ont été avant elle. Cependant, les conditions d'internat ont considérablement évolué entre les générations.

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L'évolution des conditions de vie à l'internat

Guy-José, entré au lycée en 1971, et Nicolas, en 1991, ont connu les dortoirs glacials de huit élèves, « les rangées de lavabos comme à l'armée » et les douches collectives au sous-sol. Nicolas a ensuite bénéficié de l'internat rénové et des fameuses chambres de trois lorsqu'il est entré en brevet de technicien agricole (BTA) : « C'était le jour et la nuit au niveau confort, sourit-il. Le soir, on travaillait dans nos chambres, plus dans la salle d'études pleine de courants d'air. »

Son père, Guy-José, resté trois ans à La Peyrouse de ses 14 à ses 17 ans, se souvient même du « demi-litre de rouge coupé d'eau » posé sur chaque table à la cantine pour se réchauffer, un détail qui fait ouvrir de grands yeux à sa petite-fille. « On nous considérait comme des adultes », glisse-t-il avec malice.

Des expériences différentes selon les générations

Si Guy-José et Nicolas ont trouvé difficile de quitter la maison pour l'internat à 13 ou 14 ans, Lionel, arrivé en 1995 en 4e, était rassuré par la présence de son grand frère, même si « il ne venait pas me cajoler ou me border », rigole-t-il. Maëlys, la benjamine, a moins vécu son entrée à l'internat comme un déracinement, mais son papy lui rappelle : « On n'avait pas de téléphone, nous. Et si on faisait une bêtise, la punition, c'était de ne pas rentrer à la maison le week-end. Je peux vous dire que je me tenais à carreau. »

Lionel est resté sept ans à La Peyrouse, et comme son frère Nicolas, il a eu certains enseignants qui étaient déjà présents du temps de leur père. « Au moins cinq », estime Nicolas en égrenant les noms.

Un héritage familial qui évolue

Maëlys ne connaîtra pas, comme Guy-José, les voyages à la découverte d'autres régions agricoles, où « on dormait dans les lycées. On y allait dans un bus ''lycée agricole de Coulounieix''. On était fiers ! » Elle ne connaîtra pas non plus le plaisir d'être tirée d'un cours de maths barbant pour aller rattraper une vache échappée au fond du parc.

La jeune fille a choisi de marcher sur les traces des hommes de sa famille parce que son lycée de secteur, Jay-de-Beaufort à Périgueux, était « trop grand ». À la sortie du collège de Brantôme, qu'ont également fréquenté papy, papa et tonton, elle ne s'y voyait pas en 2024. Cependant, contrairement à eux, elle ne suit pas des études agricoles : elle est en classe de première générale et technologique. Quand Guy-José a su qu'elle intégrait La Peyrouse, il était content : « Je savais qu'elle ne serait pas malheureuse. »

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