Le travail social en Lozère : une vocation qui résiste aux crises
Malgré les défis structurels et la pénurie de main-d'œuvre qui touchent le secteur médico-social, l'Organisme de formation au travail social (OFTS) de Marvejols continue d'attirer des profils variés. Avec 168 apprenants actuellement en formation, cette institution lozérienne fondée en 1970 demeure un pôle essentiel pour les métiers d'accompagnant éducatif et social (AES), de moniteur éducateur (ME) et d'éducateur spécialisé (ES).
Une formation axée sur la proximité et l'engagement
Séverine Plagnes, directrice de l'établissement depuis 2022, souligne l'importance de la relation pédagogique : "Nous sommes une petite structure, donc nous sommes disponibles et connaissons très bien tous les apprenants". Elle ajoute que l'équipe est "très engagée dans la transmission des savoirs" et cherche à rendre les étudiants "véritablement acteurs de leur parcours".
Cette approche personnalisée répond à un enjeu crucial : former des professionnels capables de redynamiser un secteur en tension, particulièrement en Lozère où les besoins en personnel qualifié sont importants.
Quatre parcours, une même quête de sens
Léa Bonnal, 22 ans, termine sa formation d'éducatrice spécialisée. Référente à l'Aide sociale à l'enfance (ASE), elle apprécie la variété du métier : "Quand on est éduc', on casse toujours le quotidien. Une situation n'est jamais pareille". Pour elle, le travail social représente avant tout un métier passionnant où le salaire n'est pas la motivation première.
Mathieu Boussignac, 41 ans, a quitté le métier de berger pour devenir éducateur spécialisé. En reconversion professionnelle, il considère que "être éduc', c'est une façon d'être au monde". Malgré un salaire qu'il reconnaît perfectible, il trouve dans ce métier une profonde satisfaction à accompagner des jeunes vers l'autonomie.
Coralie Cafaro, 38 ans et mère de trois enfants, se forme comme monitrice éducatrice. Elle valorise particulièrement les débouchés professionnels stables et la possibilité de concilier vie familiale et vie professionnelle. "Le temps que je passe avec ma famille est beaucoup plus enrichissant que d'avoir 200 € de plus par mois", confie-t-elle.
Sofia Gasquez, 22 ans, termine sa formation d'accompagnante éducative et sociale. Pour elle, le travail social est une vocation depuis l'enfance : "Ce travail me fait me sentir vivante, me fait réfléchir et avancer". Elle insiste sur les qualités humaines nécessaires - patience, écoute, empathie - et sur la gratification profonde que procure ce métier.
Des défis surmontés par la passion
Tous ces apprenants reconnaissent les difficultés du secteur : salaires parfois modestes, charge mentale importante, situations complexes à gérer. Pourtant, ils soulignent les avantages compensatoires : absence de routine, diversité des publics, travail d'équipe, et surtout, le sentiment profond d'utilité sociale.
Comme le résume Mathieu Boussignac : "Si vous avez des capacités d'altruisme et une appétence pour la relation humaine, il faut y aller". Un message que semblent avoir entendu les 168 apprenants de l'OFTS de Marvejols, déterminés à apporter leur pierre à l'édifice du travail social en Lozère et au-delà.



