Un boycott massif pour dénoncer la crise de l'Éducation nationale
Ce jeudi 16 octobre, la rectrice Carole Drucker-Godard a fait face à une salle presque vide lors du Conseil social d'administration de l'académie de Montpellier. La quasi-totalité des syndicats d'enseignants, à l'exception de l'Unsa, a boycotté cette instance pour protester contre ce qu'ils qualifient de "casse du service public" et des conditions de travail dégradées. Avant de quitter les lieux, les représentants de la FSU, FNEC FP FO, SNALC et SUD Éducation ont lu un communiqué commun à la rectrice, expliquant les motifs de leur action.
Les revendications des syndicats face à l'austérité
Dans leur texte, les organisations syndicales dénoncent une coupe de 6 milliards d'euros dans le train de vie de l'État, qu'ils jugent provocatrice au regard de l'état des services publics. Ils pointent du doigt une rentrée scolaire marquée par une crise structurelle, avec des écoles, collèges et lycées asphyxiés par le manque de moyens. Les syndicats réclament un plan d'urgence pour faire face à des enjeux éducatifs urgents, notamment un déficit actuel de 120 emplois d'enseignants à temps plein.
Les problèmes évoqués incluent :
- Des classes surchargées et des vies scolaires sous pression.
- Un manque d'accompagnement pour les élèves en situation de handicap.
- Des services médico-sociaux exsangues.
- Une perte de sens des métiers, avec la démission de plus en plus fréquente des personnels.
Exigences concrètes et réponse de la rectrice
Les syndicats exigent l'abandon des mesures budgétaires présentées cet été et un changement de cap pour plus de justice sociale. Concernant les politiques éducatives, ils appellent à :
- L'abandon des suppressions d'emplois justifiées par la baisse démographique.
- La création de tous les postes nécessaires dans les métiers de l'éducation.
- Un statut de la Fonction publique pour les AESH (Accompagnants des Élèves en Situation de Handicap).
- Une rénovation urgente du bâti scolaire.
- Le retrait immédiat de la baisse de 10% des rémunérations en cas de congé maladie.
La rectrice Carole Drucker-Godard a réagi en affirmant son attachement au dialogue social, tout en reconnaissant le droit des syndicats de protester. Elle a estimé que la situation des effectifs n'était "pas catastrophique", avec un déficit de 120 équivalents temps plein sur un total de 28 500 postes dans le second degré. Elle a souligné les efforts pour prioriser les remplacements dans les établissements les plus touchés, notamment dans des disciplines en tension comme la musique, la physique-chimie, les lettres modernes et certaines spécialités en lycées professionnels.
Un contexte de mobilisation nationale
Ce boycott s'inscrit dans un mouvement plus large de mobilisation des personnels de l'Éducation nationale, avec des actions intersyndicales les 18 septembre et 2 octobre. Les syndicats avaient posé un ultimatum au Premier ministre, Sébastien Lecornu, sans obtenir de réponse claire à leurs revendications. Ils dénoncent une austérité budgétaire qui affecte directement la qualité de l'enseignement et l'avenir du service public d'éducation, appelant à un sursaut politique pour redresser la situation.



