Landes : les syndicats boycottent une réunion sur la carte scolaire et manifestent
Syndicats boycottent réunion carte scolaire et manifestent Landes

Mobilisation syndicale contre les fermetures de classes dans les Landes

Ce jeudi 26 mars 2026, les représentants des organisations syndicales ont marqué leur opposition à la politique éducative en refusant de siéger à la réunion prévue du Comité social d'administration (CSA). À la place, ils ont organisé une manifestation rassemblant environ 80 personnes devant la préfecture de Mont-de-Marsan, exprimant leur inquiétude face aux 18 fermetures de classes redoutées dans le département.

Un boycott symbolique et une déclaration commune

Les huit représentants syndicaux ont écourté la séance du CSA en ne participant pas aux travaux. Ils ont remis une déclaration commune à la directrice académique, Claudine Lajus, expliquant leur position. « L'ampleur des suppressions de postes imposées par le ministère aggrave les conditions d'enseignement et de travail dans les écoles », ont-ils affirmé. « Sous couvert de baisse démographique, le gouvernement leur fait payer le prix fort. Alors que tous les voyants sont déjà au rouge, l'école primaire est une nouvelle fois privée de moyens pour lutter contre les inégalités. »

Un militant de FO a particulièrement insisté sur la dimension budgétaire de ces décisions, dénonçant le paradoxe entre ces coupes dans l'éducation et le fait que « des milliers de millionnaires ne paient pas d'impôt ».

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Des chiffres qui inquiètent pour la rentrée 2026

Les syndicalistes ont effectué leurs propres calculs : 11 postes d'enseignants seraient supprimés dans les écoles landaises, tandis que 7 postes de coordinateurs pour l'école inclusive seraient créés. Ce déséquilibre fait craindre la fermeture de 18 classes. « La rentrée 2026 va être catastrophique pour l'ensemble des élèves et personnels impactés par ces décisions », ont-ils alerté. « Investir dans l'école aujourd'hui, c'est faire des économies demain. »

Cathy Vigneau-Laffargue, représentante du SNUipp-FSU, a précisé : « La baisse démographique est réelle, mais on est sur une lutte de leurs chiffres contre de l'humain dans les écoles. On est conscient qu'il y a moins d'élèves dans nos classes, mais on peut bien travailler ! Pour tous les élèves, pas uniquement ceux qui en auraient le plus besoin. »

Des maires mobilisés aux côtés des enseignants

La manifestation a rassemblé non seulement des professeurs et personnels éducatifs, mais aussi des parents d'élèves et plusieurs élus locaux inquiets pour l'avenir des écoles de leurs communes. Frédéric Pradère, maire d'Onesse-Laharie, a fait le déplacement pour défendre ses quatre classes : « C'est historique que les effectifs varient dans notre commune. On est toujours limite. Mais là, on vient de créer un lotissement de 30 lots et ça n'est pas pris en compte par l'Éducation nationale. »

Jean-Yves Haurat, maire impliqué dans le RPI d'Arsague, Bonnegarde, Castel-Sarrazin et Marpaps, a témoigné : « On n'accepte pas la logique comptable, d'autant qu'on a des effectifs à la hausse, de nouvelles inscriptions par rapport aux prévisions. Dans un département rural comme les Landes, les écoles sont le seul service public dans les villages. »

Il a critiqué les taux moyens d'encadrement qui masquent des réalités locales difficiles, utilisant une métaphore parlante : « Si j'ai les pieds dans le congélateur et la tête dans le four, mon corps est à température ambiante. Si on perd une des cinq classes du RPI, on en aura deux à 26 et 27 élèves, dont le CP. »

Une mobilisation qui s'annonce durable

L'intersyndicale landaise (FSU, Unsa-Éducation et Fnec-FP FO) a annoncé qu'elle se joindrait à l'appel national des syndicats mardi 31 mars. Elle prévoit de nouvelles mobilisations jeudi 2 avril, en marge d'un prochain CSA à la Direction des services départementaux de l'Éducation nationale (DSDEN) des Landes, et vendredi 3 avril pendant le Conseil départemental de l'Éducation nationale (CDEN) à la préfecture, où les décisions finales seront actées.

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Les représentants syndicaux ont lancé un appel à la mobilisation plus large : « Continuez, mobilisez les parents, les élus, les enseignants, et on vous accompagnera et on vous soutiendra. » L'administration a pour sa part proposé 27 situations à faibles effectifs et deux ouvertures potentielles de classe comme pistes de travail, mais ces propositions n'ont pas suffi à apaiser les tensions.