Le Snes-Fsu mobilise ses forces à Montpellier pour défendre l'enseignement secondaire
Le principal syndicat national des professeurs du second degré, le Snes-Fsu, réunit cette semaine 550 congressistes au Corum de Montpellier. Cet événement majeur intervient dans un contexte particulièrement tendu pour l'éducation nationale, alors que les épreuves du baccalauréat débutent simultanément. Les enseignants profitent de cette tribune pour exprimer leur profonde inquiétude et mettre la pression sur le futur ministre de l'éducation.
Une profession en crise d'identité profonde
Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-Fsu, ne mâche pas ses mots : "Il est urgent de revaloriser les salaires sans contrepartie". Ce syndicat, qui représente 58 000 adhérents nationaux dont environ 2 800 dans l'académie de Montpellier, dresse un constat alarmant sur l'état de l'enseignement secondaire après un quinquennat Macron jugé particulièrement destructeur.
Les témoignages recueillis sur le terrain confirment une perte de sens généralisée parmi les enseignants. Christophe Benoît, professeur d'histoire-géographie au Lycée Henri IV de Béziers, illustre cette détresse : "On a perdu environ 1 800 postes l'an dernier pour 36 000 élèves de plus. Comment voulez-vous qu'on s'en sorte ?". Dans son établissement, la suppression d'un poste de mathématiques a contraint les enseignants de cette discipline à augmenter leur temps de travail de 2,4 heures hebdomadaires.
Des conditions de travail qui se dégradent inexorablement
La situation devient intenable selon Claire Pous, professeure de français au collège de Vauvert dans le Gard et co-secrétaire académique du Snes : "On est en tension en termes d'horaires, on ne sait plus où on en est à force d'injonctions contradictoires, on arrive au bout". Cette lassitude généralisée s'accompagne d'une augmentation préoccupante des démissions et des demandes de rupture conventionnelle, avec une quarantaine de cas recensés dans l'académie de Montpellier l'an passé.
Stéphane Audebeau, professeur en sciences économiques et sociales à Sète, ajoute : "Les burn-out, ce sont des choses qu'on voit et qu'on accompagne mais la lassitude est de plus en plus présente dans les salles de prof en général". Le système de remplacement montre également ses limites, les viviers de remplaçants sous-payés ayant été progressivement épuisés, obligeant parfois à recruter via Pôle emploi avec les risques que cela comporte pour la qualité de l'enseignement.
Des revendications claires pour le prochain gouvernement
Sophie Vénétitay a formulé des exigences précises lors de l'ouverture du congrès : "Nous voulons une rupture claire avec la méthode Blanquer. Et notre première urgence est salariale. Il y a un déclassement important qui pèse sur le recrutement. Il faut un rattrapage et une revalorisation des salaires sans contrepartie". Elle rappelle que le temps de travail des enseignants dépasse déjà les 40 heures hebdomadaires, invalidant ainsi la proposition présidentielle de n'augmenter que ceux qui accepteraient de nouvelles missions.
Au-delà des questions salariales, le syndicat réclame des moyens supplémentaires conséquents, soulignant que 7 900 postes ont déjà été supprimés dans les collèges et lycées. Cette pénurie de ressources humaines est particulièrement critique en période post-covid, où les élèves les plus fragiles montrent des signes de décrochage accéléré.
Un avenir incertain pour l'éducation nationale
Les enseignants, échaudés par le grenelle de l'enseignement qui n'a débouché sur aucun résultat concret, attendent avec anxiété l'identité et le programme de leur futur ministre. Sophie Vénétitay résume l'état d'esprit général : "Notre métier, on l'aime et on veut l'exercer dans de bonnes conditions et dans le respect du service public". Le congrès du Snes-Fsu à Montpellier se présente ainsi comme un moment crucial pour alerter sur l'urgence de la situation et poser les bases d'une véritable refondation de l'enseignement secondaire en France.



