Le collège Émile-Zola de Royan voit son dispositif d'inclusion scolaire réduit
Une décision de l'Éducation nationale va modifier significativement l'accompagnement des élèves en situation de handicap à Royan. À partir de la rentrée scolaire de septembre 2026, le collège Émile-Zola ne s'appuiera plus que sur une seule Unité localisée pour l'inclusion scolaire (Ulis), contre deux dispositifs qui fonctionnaient depuis dix-huit ans dans cet établissement.
Un transfert qui ressemble à une suppression
L'une des deux Ulis actuellement en place au collège Émile-Zola sera transférée au collège Fernand-Garandeau de La Tremblade, répondant ainsi à un besoin identifié dans cette commune voisine. Cependant, cette réorganisation suscite de vives inquiétudes parmi les enseignants royannais. Bénédicte Cosset-Jurjuman, professeure de français et porte-parole de ses collègues des Ulis, exprime clairement ses craintes : « L'Éducation nationale parle de 'transfert' mais, dans la réalité, pour nos élèves, ce sera une suppression ! »
Cette réduction intervient dans un contexte où le nombre d'élèves nécessitant un accompagnement spécialisé ne diminue pas. Actuellement, 25 élèves de la 6e à la 3e sont scolarisés dans les deux Ulis du collège. Après le transfert, l'unique dispositif restant devra accompagner au moins 14 élèves, un chiffre qui pourrait même être supérieur, alors que les textes officiels préconisent un effectif idéal de dix élèves par Ulis.
Des effectifs déjà au-delà des recommandations
La situation actuelle dépasse déjà les normes recommandées. « Les textes prévoient logiquement un effectif de dix élèves par dispositif, mais avec la latitude d'aller au-delà de cet effectif idéal si les profils des élèves sont homogènes, ce qui n'est évidemment jamais le cas », constate Bénédicte Cosset-Jurjuman. Cette hétérogénéité des besoins des élèves rend d'autant plus complexe un accompagnement de qualité avec des effectifs réduits.
Les Ulis permettent l'intégration dans le système scolaire traditionnel d'enfants en situation de handicap, le plus souvent présentant une déficience intellectuelle. Ces dispositifs fonctionnent dès le cours préparatoire (CP) et offrent aux élèves un emploi du temps aménagé, partagé entre certains cours au sein d'une classe de leur niveau et des temps spécifiques avec un enseignant spécialisé.
Un double coup dur pour l'établissement
La suppression d'une Ulis s'ajoute à une autre mesure préoccupante pour le collège Émile-Zola : la suppression programmée d'une classe de 5e. Cette double réduction des moyens pédagogiques explique en grande partie la mobilisation des enseignants et des personnels qui se sont rassemblés jeudi 26 mars devant le siège départemental de l'inspection académique de Charente-Maritime.
Chaque Ulis fonctionne normalement avec un binôme constitué d'un enseignant spécialisé – généralement un enseignant de primaire spécifiquement formé – et d'un Accompagnant des élèves en situation de handicap (AESH). Avec la réduction à un seul dispositif, cette équipe pédagogique spécialisée devra prendre en charge un nombre d'élèves significativement plus important, ce qui risque de compromettre la qualité de l'accompagnement individualisé.
Bénédicte Cosset-Jurjuman résume l'inquiétude générale : « À la rentrée prochaine, au collège Zola, nous aurons 14 élèves concernés et même certainement un peu plus, mais on ne peut aider mieux que si l'on aide moins d'élèves. » Cette situation pose des questions fondamentales sur la capacité du système éducatif à maintenir une inclusion scolaire de qualité pour tous les élèves, quel que soit leur handicap.



