À Royan, la prochaine rentrée scolaire pourrait être marquée par une menace récurrente : la fermeture de classes dans les établissements, notamment aux écoles Louis-Bouchet et Jean-Papeau. Alors que la situation semble défavorable, le maire Patrick Marengo et son adjointe Liliane Isendick-Malterre, en charge des affaires scolaires, affichent une détermination sans faille pour garder espoir et inverser la tendance.
Un contexte alarmant pour les effectifs scolaires
En septembre dernier, la classe maternelle de l'école Jean-Papeau, initialement menacée par la première version de la carte scolaire, avait été sauvée grâce à une mobilisation vigoureuse des parents d'élèves et des élus locaux. Cependant, cette victoire reste fragile. Pour l'école Louis-Bouchet, située en centre-ville, le dernier comptage des élèves définitivement inscrits en élémentaire n'a pas convaincu l'Éducation nationale de revenir sur sa décision de supprimer un poste d'enseignant, entraînant ainsi une fermeture de classe.
Liliane Isendick-Malterre explique : « Nous avions prévu une base de 30 élèves et, avec 28 enfants, ce fut conforme à cette estimation. » Cette baisse s'inscrit dans une tendance nationale, avec une diminution de 4,5 % de la population en maternelle et élémentaire à Royan, une station balnéaire confrontée à des défis spécifiques.
Les causes profondes de la crise
L'école Louis-Bouchet est particulièrement touchée par le découpage scolaire et les difficultés immobilières. En centre-ville, les prix de l'immobilier sont élevés, souvent inaccessibles pour les jeunes couples avec enfants, ce qui réduit les effectifs scolaires année après année. Le directeur académique des services départementaux de l'Éducation nationale (Dasen), Mahdi Tamene, a dressé un bilan implacable dans son prévisionnel des effectifs pour les trois prochaines années.
Les projections indiquent une baisse continue jusqu'en 2026-2027, aggravée par la chute de la natalité, un phénomène qui s'accentue et risque d'amplifier la diminution des effectifs à l'avenir. Outre les problèmes de logement, d'autres facteurs entrent en jeu, comme le développement des services dans les communes périphériques.
Atouts et faiblesses du système scolaire royannais
Liliane Isendick-Malterre tente de nuancer le tableau : « La baisse à Royan est conforme à la moyenne nationale, mais il faut noter que les écoles de la périphérie ont amélioré leurs services, comme les garderies jusqu'à 18 heures, alors que Royan propose jusqu'à 19h30. De plus, certaines communes bénéficient de la cantine à 1 euro, ce qui n'est pas le cas ici. »
Elle ajoute que les inscriptions scolaires sont étroitement liées aux programmes immobiliers, et qu'une augmentation significative des effectifs n'est attendue qu'à la rentrée 2027-2028. En attendant, le maire Patrick Marengo place ses espoirs dans des projets immobiliers comme les Hauts de Royan, anciennement la Robinière, qui pourraient attirer des familles avec enfants.
La mobilisation des élus face à l'adversité
Malgré les défis, Patrick Marengo reste combatif : « J'avoue que la situation n'est pas favorable, mais on se battra jusqu'au bout pour éviter une fermeture de classe. » Les écoles Louis-Bouchet et Jean-Papeau pourraient de nouveau être menacées, mais les atouts des établissements royannais sont mis en avant.
Liliane Isendick-Malterre souligne : « Le bâti scolaire est en très bon état, les enfants ont accès à un programme culturel riche et à des ateliers pédagogiques. Nous avons des classes avec des enfants à besoins particuliers, et il est plus facile d'enseigner dans des groupes de 20 élèves que de 30. Le confort et le bien-être des enfants sont nos priorités, avec même des salles de répit dans certaines écoles pour gérer les tensions. »
L'Inspection académique rendra sa décision mi-avril, laissant les élus et la communauté scolaire dans l'attente, mais déterminés à se battre pour préserver l'éducation à Royan.



