Rentrée étudiante : le retour en présentiel après deux ans de pandémie
Les amphithéâtres universitaires se remplissent à nouveau, marquant un retour tant attendu aux cours en présentiel après deux longues années de restrictions sanitaires. Cette rentrée 2021 s'effectue cependant dans un contexte particulier, où l'espoir d'une normalité retrouvée se heurte aux séquelles profondes laissées par la crise du Covid-19.
Des sourires timides et des espoirs mesurés
Aux abords des campus de Montpellier et de Nîmes, les étudiants abordent cette nouvelle année universitaire avec une prudence palpable. "On espère que c'est le bout du tunnel, mais l'arrivée d'autres variants du virus est possible", confie Lucas, étudiant en lettres modernes à Montpellier. Comme beaucoup de ses camarades, il prévoit de se faire vacciner pour "profiter d'une vie normale", conscient que le protocole sanitaire pourrait rapidement évoluer.
Dans l'académie de Montpellier, ce sont 117 350 étudiants qui effectuent leur rentrée, avec des situations personnelles très variées. Si certains, comme Lucas, ont pu compter sur un soutien familial et un travail saisonnier pour traverser la crise, d'autres portent les stigmates de deux années difficiles.
Les séquelles psychologiques et financières de la pandémie
Nassim, étudiant algérien en robotique à l'université Paul-Valéry, témoigne d'une réalité plus sombre : "Le moral est assez bas et la situation financière compliquée". La hausse du prix des repas au Crous, passés de 1 à 3 euros, alourdit encore son budget déjà tendu. Nouvel arrivant à Montpellier après des études au Québec et à Paris, il doit rapidement trouver un emploi étudiant "dans n'importe quel domaine" et reconnaît avoir eu besoin d'un soutien psychologique ces derniers mois.
Pour Chloé, étudiante en biologie, le décrochage lié à l'enseignement à distance s'est transformé en un véritable engrenage de difficultés. "En science, quand vous n'avez que du distanciel à part quelques TP, c'est très dur", explique-t-elle. Les exigences maintenues, voire accrues, lors des examens ont conduit à de nombreux redoublements, avec des conséquences financières directes. Ayant perdu sa bourse après un échec en première année de santé, elle doit maintenant fournir un certificat médical pour tenter de la récupérer, tout en cherchant à concilier études et travail.
La vaccination comme porte de sortie
Malgré les difficultés, une constante émerge des témoignages : la volonté de se faire vacciner pour retrouver une vie sociale et universitaire normale. Même Chloé, qui a contracté le Covid-19 quelques mois plus tôt, prévoit de se faire vacciner. Cette génération d'étudiants, profondément marquée par la pandémie, semble peu encline aux questionnements existentiels sur la vaccination, préférant y voir un moyen concret de sortir de la crise.
Intégration et perspectives d'avenir
Kenzo, nouveau venu à Nîmes pour étudier la psychologie, incarne cet espoir de renouveau. "Les cours en présentiel, c'est important et surtout, cette année, l'intégration des nouveaux étudiants peut avoir lieu", se réjouit-il. Soutenu financièrement par ses parents et espérant trouver un emploi dans la restauration rapide, il peut envisager l'avenir avec plus de sérénité.
Cette chance n'est malheureusement pas donnée à tous. Manon, étudiante en langues à Nîmes, cherche désespérément un emploi dans la restauration depuis un an. "Franchement, malgré les aides, les distributions de colis, ça devient difficile de s'en sortir", confie-t-elle. Elle craint surtout un retour à l'enseignement à distance, qui pourrait pousser certains étudiants à abandonner leurs études.
Une génération marquée à jamais
Au-delà des difficultés matérielles, c'est l'identité même de cette génération qui se forge dans l'épreuve. Comme le résume amèrement Manon : "Quoi qu'il arrive, on restera la génération Covid, celle qui aura traversé une espèce de guerre". Entre espoirs de normalité et précarité persistante, cette rentrée universitaire s'annonce comme un moment charnière pour des étudiants déterminés à reconstruire leur avenir sur les ruines laissées par la pandémie.



