Rentrée scolaire à Montpellier : entre cahiers de vacances et vaccination, les familles anticipent
Rentrée à Montpellier : familles entre cahiers et vaccination

Rentrée scolaire à Montpellier : entre tradition et nouveaux défis

Ce jeudi marque la reprise des classes, un moment capital pour les enfants comme pour leurs parents. À Montpellier, dans la famille de Marion, Marilou et Léo-Paul, les préparatifs battent leur plein depuis plusieurs jours. Installé en tailleur sur le canapé du salon, Léo-Paul, 9 ans, examine avec une concentration remarquable son agenda dédié à L'Attaque des Titans, dont il tourne les pages avec délectation.

"Chaque jour présente une illustration et des statistiques sur la force des Titans", explique-t-il, visiblement fier de son acquisition. Cet objet précieux a nécessité une véritable chasse dans toute la ville. "Nous nous sommes vraiment déménés pour le dénicher, j'ai contacté toutes les librairies de Montpellier", relate Marion, 43 ans, sa mère. Comme chaque année, le retour des vacances en Normandie et dans le Var a immédiatement été suivi par l'inévitable corvée des fournitures scolaires.

L'organisation avant tout

Pour Léo-Paul, qui entre en CM2 à l'école Sibelius-Pottier, cette tâche est loin d'être pénible. "J'adore ça ! Je me souviens de tous mes stylos de l'année dernière et je demande à maman de les racheter car je les adore !", s'exclame-t-il, le sourire aux lèvres. Dans sa chambre, où peluches, photographies et un drapeau anglais cohabitent, Marilou, sa sœur de 13 ans, future élève de 3e au collège Camille-Claudel, vérifie méticuleusement son matériel.

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Cette année, elle a opté pour plusieurs classeurs colorés, un par matière. "J'apprécie être organisée, pouvoir m'y retrouver facilement", précise-t-elle. "Et j'ai acheté chaque stylo en double ou triple exemplaire pour être certaine de ne jamais manquer de rien. Dans la classe, tout le monde sait que j'ai toujours tout ce qu'il faut", ajoute-t-elle en riant. D'ailleurs, plusieurs jours avant la rentrée, tous les achats sont déjà effectués. "Chaque année, j'évite la cohue de dernière minute", confie Marion. "Ainsi, nous sommes prêts à l'avance et cela évite de stresser les enfants."

Révisions anticipées et rituels familiaux

Cela leur laisse le temps de se consacrer aux autres préparatifs. Dans cette famille, Marion a instauré un rituel bien établi. Tous les deux jours, Léo-Paul et Marilou reprennent les cours de l'année précédente et leurs cahiers de vacances pour se remettre dans le bain. "En réalité, je commence à préparer mon brevet avant même la rentrée", plaisante Marilou. L'année dernière, avec la pandémie de Covid-19 et les cours à distance, elle n'a pas pu terminer le programme de mathématiques. Pour Marion, il est essentiel qu'elle comble ce retard dès maintenant.

"Personnellement, je trouve cela utile, car après les vacances d'été, notre cerveau est un peu ramolli. Si nous ne reprenons pas le rythme auparavant, à la rentrée, nous sommes fichus ! En plus, nous ne faisons cela qu'une heure, donc c'est supportable", s'exclame Léo-Paul. "Tu n'as pas vraiment la notion du temps", lui rétorque sa sœur. Marion observe la scène, amusée. Elle sait que leurs amis ne suivent pas nécessairement la même routine, mais pour elle, cette étape est cruciale.

"J'y tiens énormément car cela leur permet d'aborder l'école avec plus de confiance. Et je suis plutôt cool sur le rythme : pour l'instant, ils font encore des grasses matinées et ont le droit de regarder la télévision, alors qu'en temps normal, les écrans sont interdits en semaine !", sourit-elle.

Retrouvailles et appréhensions

Lorsque Marion demande à ses enfants s'ils sont heureux de retourner à l'école, tous deux s'exclament : "Pour les cours, non, mais pour les amis, oui !" Car l'une des principales inquiétudes de la rentrée reste la composition des classes. Si Marilou, scolarisée en section Langues et cultures européennes anglais, devrait avoir à peu près la même classe que l'an dernier, Léo-Paul espère, quant à lui, être avec ses deux meilleurs amis.

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"À la fin de l'année, ils nous ont demandé d'écrire sur un papier deux noms d'amis avec qui nous voulions être et un avec qui nous ne voulions pas. J'ai mis Arthur et Hassan, donc j'espère être avec eux. Arthur a également inscrit mon nom, donc normalement, cela devrait bien se passer", raconte Léo-Paul, confiant. La veille, il est même allé dormir chez l'un de ses copains. "Cela fait aussi partie des préparatifs de rentrée", explique Marion. "Il revoit ses amis, ils peuvent en discuter, se retrouvent après les vacances, cela le rassure avant le jour J." Marilou a, elle aussi, revu ses amies "et nous nous envoyons des messages pour nous déstresser", confie-t-elle.

L'ombre persistante du Covid-19

Car cette année encore, la rentrée est marquée par l'ombre du Covid-19 et des protocoles sanitaires. Si Léo-Paul n'est pas concerné par la vaccination, Marilou, elle, n'est pas vaccinée. Sa mère, qui préfère attendre le vaccin Sanofi, ne l'est pas non plus, mais Marilou affirme qu'il s'agit de son propre choix. Elle espère que cela n'affectera pas ses relations au collège.

"J'espère que cela ne créera pas de tensions, car tout le monde n'est pas d'accord sur le vaccin. Moi, si quelqu'un me dit qu'il est vacciné, je lui répondrai que c'est bien pour lui et que c'est mon droit de ne pas l'être. Si on me pointe du doigt, je leur ferai coucou. Et si je dois rentrer chez moi à cause d'un cas positif, ce n'est pas grave, je sais que nous travaillons très bien avec maman à la maison", déclare-t-elle.

La vaccination, sujet de cour de récréation ?

Marion, de son côté, craint que la vaccination ne devienne un sujet central à l'école. Selon elle, l'établissement de Léo-Paul a même prévu des visites de centres de vaccination. "Ce jour-là, il n'ira pas à l'école", affirme-t-elle catégoriquement. "Ils utilisent nos enfants pour faire pression sur nous, c'est une aberration." Avec l'obligation du port du masque, tous deux rentreront à la maison le midi pour la deuxième année consécutive. "S'ils mangent à la cantine, ils ne l'enlèvent que trente minutes par jour, ce n'est vraiment pas confortable et assez anxiogène", déplore-t-elle.

Malgré ces préoccupations, Marion souhaite offrir à ses enfants une rentrée la plus normale possible. Dès mercredi soir, ils iront consulter les listes devant leurs établissements respectifs pour connaître leur classe, et retrouveront, jeudi, sereinement, le chemin de l'école.