Lors de sa conférence de presse de rentrée, le mardi 25 août au lycée Arago de Paris, le ministre de l'Éducation, Édouard Geffray, a détaillé les priorités de l'année scolaire 2026-2027. Il a notamment annoncé la création d'un concours général des collèges, la publication de directives de notation du brevet avant le 10 septembre et un décret permettant de changer l'affectation d'un élève en cas de menaces graves contre des personnels scolaires.
Un cap à tenir, pas une réforme
« Ce n'est pas une année de réforme mais celle d'un cap à tenir dans la durée », a déclaré le ministre en ouverture. Il a insisté sur une action pragmatique pour répondre « à la baisse de niveau au collège et aux difficultés de climat scolaire ». Selon lui, « loin des discours d'effondrement qui ont cours, nous gardons la main sur notre avenir et celui-ci passe par notre école et les valeurs qui se transmettent dans les salles de classe ».
En poste depuis neuf mois, succédant à Élisabeth Borne, Édouard Geffray connaît bien les couloirs de la rue de Grenelle. Il y a travaillé pendant huit ans, presque sans interruption, comme directeur des ressources humaines puis comme directeur général de l'enseignement scolaire (DGESCO), notamment sous Jean-Michel Blanquer et Gabriel Attal. Nommé en octobre 2015 par Sébastien Lecornu, il a confirmé vouloir marquer cette rentrée du signe de la protection des élèves.
Protection des élèves et des enseignants
Le ministre a rappelé l'interdiction du portable dans les salles de classe des lycées et l'instauration d'un questionnaire anonyme sur les violences sexuelles et sexistes, qui s'ajoutera à celui déjà en place sur le harcèlement. Il a également annoncé un décret pour protéger les enseignants : « J'ai pris un décret permettant de changer l'affectation d'un élève dont les parents font peser des menaces graves sur un ou plusieurs personnels scolaires. Nous devons restaurer l'inviolabilité des personnels de l'Éducation, l'institution ne laissera rien passer à ce sujet. »
Une charte des relations entre parents et école sera diffusée et affichée dans les établissements. Pour encourager la valorisation des bons élèves, un concours général des collégiens sera créé cette année, avec un quota obligatoire de 50 % de filles et de garçons présentés par chaque établissement. Chaque territoire décernera ses prix.
Notation du brevet et niveau en primaire
Pour rehausser l'exigence, le ministre a annoncé des directives et barèmes précis « qui seront dévoilés d'ici le 10 septembre » pour la notation du brevet des collèges. Il s'est dit confiant dans la capacité de l'institution à restaurer le niveau des collégiens : « Ce que nous avons mis en place dans le primaire depuis l'arrivée d'Emmanuel Macron a porté ses fruits. Depuis 2021, le niveau des élèves à l'entrée en 6e remonte régulièrement et les écarts avec la zone d'Éducation prioritaire se réduisent. »
Le ministre souhaite continuer à mettre l'accent dès le primaire et au collège « sur l'apprentissage de l'esprit scientifique et la maîtrise du langage, des pratiques que nous avons trop minorées au fil des années ». Selon lui, l'enjeu est de taille : « l'explosion de l'IA va créer une fracture supplémentaire. Ceux qui auront la maîtrise du vocabulaire maîtriseront l'IA, les autres en seront le jouet. »
Une direction territoriale pour réduire les inégalités
Pour atténuer les inégalités liées au territoire, Édouard Geffray a annoncé la création avant la fin de l'année d'une Direction de la politique territoriale de l'école. Elle doit permettre, en lien avec les élus locaux, d'adapter l'offre scolaire aux réalités démographiques et locales. Cette mesure concrétise la volonté du ministre de poursuivre une action de long terme, sans réforme majeure, mais avec des outils précis pour répondre aux défis de l'école.



