Psychologie : une filière prisée mais exigeante
« Beaucoup de jeunes pensent étudier Freud tout au long de l'année. Mais la psychologie est une discipline bien plus riche… » Éva Louvet, directrice de la faculté de psychologie de l'université de Strasbourg, insiste sur ce point : les études de psychologie sont longues et difficiles. Dans sa licence, deux étudiants sur trois ne valident pas leur première année. Un taux d'échec que l'on retrouve dans la plupart des licences de psychologie en France.
Une popularité croissante sur Parcoursup
Il s'agit pourtant d'une des licences les plus populaires sur la plateforme Parcoursup. En 2025, 153 853 candidats ont choisi ce parcours, contre 140 441 en 2024. Ce qui en fait la troisième licence la plus demandée après la filière Parcours d'accès spécifique à la santé (Pass) et le droit.
La raison d'un tel décalage entre attractivité et réussite ? L'idée fausse mais persistante chez les étudiants que la discipline est à ranger du côté des sciences humaines et qu'elle est facile d'accès. Les sciences occupent en réalité une place importante dans la formation.
Une formation plus scientifique qu'attendu
En première année, les sciences constituent ainsi près de 60 % des enseignements, avec :
- De la biologie
- Des statistiquesDes neurosciences
- De l'ergonomie
- De la méthodologie quantitative expérimentale
À l'inverse, la psychologie clinique, qui s'intéresse à la santé mentale, ne représente qu'à peine 15 % des cours. Surprise la première année, Cloé Martinez, étudiante en master à l'université Côte d'Azur, a très vite compris la raison : « Certaines molécules biologiques ont une influence considérable sur les comportements. De manière générale, les sciences jouent un rôle essentiel dans la compréhension du fonctionnement du cerveau. »
L'importance du dossier scolaire
Pour voir sa candidature retenue, mieux vaut présenter un dossier homogène, avec de bonnes notes dans les matières littéraires et scientifiques. Les spécialités sont elles aussi scrutées par les commissions d'examen des vœux. Si aucune n'est éliminatoire, les doublettes incluant une science « dure » semblent valorisées par les universités :
- Maths-SES
- SES-HLP (Humanités, Littérature et Philosophie)
- SVT-HLP
Ces choix augmentent significativement les chances d'admission dans des formations compétitives, où le nombre de candidats peut dépasser jusqu'à quinze fois le nombre de places disponibles. En outre, ces combinaisons permettent aux étudiants de mieux s'adapter aux exigences des enseignements proposés.
Une autonomie nécessaire
Comme dans toute licence, l'étudiant en psychologie doit s'attendre à être un peu noyé dans la masse – ils sont autour de 550 dans cette filière à Strasbourg – et livré à lui-même. « Le volume d'heures en présentiel n'est pas très élevé : entre 18 et 20 heures par semaine. En conséquence, on attend des étudiants qu'ils soient capables d'approfondir les cours et d'enrichir leur culture personnelle par des lectures ou des conférences », indique Éva Louvet.
La sélection difficile en master
L'enjeu n'est pas seulement de tenir les trois années que dure la licence, mais d'être sélectionné en master de psychologie. Car, malgré le faible nombre d'étudiants arrivant au bout de la L3, les places en M1 sont très limitées. Or seul le master permet d'obtenir le titre réglementaire de psychologue nécessaire pour exercer.
« Les étudiants doivent se préparer dès la première année à la rude sélection qui les attend tout au long de leur cursus », avertit Xavier Corveleyn, coresponsable du master de psychologie clinique à l'université Côte d'Azur. Tous les ans, près de 700 candidats s'y présentent pour seulement 20 places.
Des débouchés après la licence
Que les recalés se rassurent : les débouchés après une simple licence ne manquent heureusement pas. Ceux qui en ont une se tournent vers différents secteurs professionnels :
- Les ressources humaines
- L'enseignement
- Le social
- La petite enfance
- La santé
La licence de psychologie reste donc une formation exigeante qui demande une bonne préparation et une compréhension réaliste de son contenu scientifique. Les étudiants doivent anticiper la sélection progressive et développer rapidement leur autonomie pour réussir dans cette filière compétitive.



