Rentrée scolaire : le nouveau protocole sanitaire décrypté par la rectrice Sophie Béjean
Protocole sanitaire scolaire : les réponses de la rectrice

Rentrée scolaire sous tension : le nouveau protocole sanitaire en Occitanie

Alors que les élèves ont repris le chemin de l'école ce lundi 3 janvier 2022, un nouveau protocole sanitaire a été annoncé par le ministère de l'Éducation nationale. En Occitanie, la rectrice de l'académie de Montpellier, Sophie Béjean, détaille les mesures qui s'appliquent désormais dans les établissements scolaires de la région.

Des autotests gratuits pour les élèves du primaire

Dans les écoles primaires, la règle demeure inchangée : dès qu'un cas de Covid-19 est détecté dans une classe, tous les élèves doivent présenter un test PCR ou antigénique négatif pour revenir en cours. La nouveauté réside dans l'obligation de réaliser deux autotests supplémentaires à J+2 et J+4. Cependant, les parents n'auront pas à fournir les résultats de ces tests, mais simplement une attestation sur l'honneur.

"Nous appliquons là un principe de confiance aux parents qui ont la responsabilité d'effectuer ces tests", explique Sophie Béjean. "Ces autotests seront totalement gratuits car le ministère de la Santé s'est engagé à mettre en place la logistique pour que les pharmacies puissent les fournir en nombre suffisant."

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La procédure est identique pour les personnels, y compris les enseignants. Concernant l'isolement, un élève positif au Covid doit observer une période de 10 jours dans le primaire, avec possibilité de sortie au bout de 7 jours sous conditions. Dans le secondaire, cette durée n'est que de 7 jours pour les plus de 12 ans ayant un schéma vaccinal complet.

Collèges et lycées : des mesures suffisantes ?

Plusieurs syndicats d'enseignants du second degré ont déposé des préavis de grève, estimant que les conditions de sécurité sanitaire ne sont pas réunies. Aucune mesure spécifique n'a en effet été annoncée pour les collèges et lycées.

"Je ne pense pas que le secondaire soit oublié", assure Sophie Béjean. "Il ne faut pas perdre de vue que les taux de vaccination chez les plus de 12 ans sont très élevés dans notre région, ce qui diminue fortement les taux de contamination par rapport au primaire."

Concernant la demande de masques FFP2 par les enseignants, la rectrice se montre sceptique : "Pour les avoir expérimentés, ces masques sont peu confortables pour parler et enseigner, à part dans des situations très particulières." Elle appelle plutôt les collectivités à investir massivement dans des détecteurs de CO2, soulignant que les lycées d'Occitanie en sont déjà équipés à presque 100%, et que le déploiement se poursuit dans les collèges.

Le défi du remplacement des enseignants absents

La situation des remplacements, déjà tendue depuis la rentrée, risque de se compliquer avec la propagation du virus. "Nous recrutons des contractuels et des vacataires supplémentaires", assure Sophie Béjean, qui lance "un appel à candidatures sur notre procédure".

La rectrice précise également que "des sessions de formation de professeurs ont été reportées pour faire face à cette période délicate et nous allons également mettre des moyens supplémentaires pour remplacer les AED (assistants d'éducation) malades car sans eux il est très difficile de faire fonctionner les restaurants scolaires et les internats".

La colère des syndicats du secondaire

Le SNES-FSU, principal syndicat dans le secondaire, a déposé un préavis de grève pour la semaine du 3 au 7 janvier. Stéphane Audebeau, co-secrétaire académique du syndicat sur Montpellier, résume les préoccupations des enseignants.

"D'abord le fait, une nouvelle fois, de l'apprendre la veille par médias interposés, ce qui est un signe de mépris", dénonce-t-il. "Dans le premier degré, les directeurs doivent s'adapter en urgence à ce nouveau schéma qui risque vite de poser problème car les pharmaciens, prévenus au dernier moment, vont sans doute faire face à une pénurie de tests."

Il ajoute : "Pour les chefs d'établissement, contrôler les attestations tous les deux jours va représenter une surcharge considérable sans personnel supplémentaire. Nous nous inquiétons aussi du remplacement des personnels absents, déjà nombreux dès ce lundi."

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Concernant le secondaire, Stéphane Audebeau est catégorique : "Sans mesure supplémentaire dans les collèges et lycées, nous estimons que la sécurité des personnels est engagée. Nous demandons notamment davantage de détecteurs de CO2 dans les établissements. Trop peu ont été achetés par les collectivités territoriales. Idem pour les masques FFP2 que nous réclamons pour les professeurs."

Alors que le nouveau variant circule activement, la rentrée scolaire s'annonce particulièrement complexe à gérer pour l'ensemble de la communauté éducative en Occitanie.