Une décision de justice inédite
Le tribunal administratif de Paris a rendu une décision marquante ce mardi 7 mai 2025, en condamnant l'Éducation nationale à remplacer une enseignante absente après plus de 60 heures de cours non assurées. Cette affaire, portée par un collectif de parents d'élèves, met en lumière les lacunes du système de remplacement dans l'enseignement public.
Les faits : plus de 60 heures de cours perdues
Depuis le début de l'année scolaire 2024-2025, une professeure des écoles dans le 13e arrondissement de Paris était absente pour raisons médicales. Malgré les alertes répétées des parents et de la direction de l'établissement, aucun remplacement durable n'a été assuré. Au total, ce sont plus de 60 heures d'enseignement qui n'ont pas été dispensées, affectant directement une classe de CM2.
La mobilisation des parents
Face à cette situation, un collectif de parents d'élèves a saisi le tribunal administratif en référé, demandant des mesures d'urgence. Ils ont notamment fait valoir le droit à l'éducation des enfants, garanti par la Constitution et les conventions internationales. Le tribunal leur a donné raison, ordonnant à l'Éducation nationale de pourvoir au remplacement de l'enseignante dans un délai de 48 heures.
Les réactions
Cette décision a suscité des réactions contrastées. Du côté des parents, c'est un soulagement. "Nous avons obtenu gain de cause, mais cela ne répare pas les heures perdues. Il faut que le système change", déclare une représentante du collectif. En revanche, le rectorat de Paris a indiqué qu'il allait étudier la décision, tout en rappelant les difficultés de recrutement de remplaçants.
Un problème structurel
Ce cas n'est pas isolé. Chaque année, des milliers d'heures d'enseignement ne sont pas assurées faute de remplaçants en nombre suffisant. Selon les syndicats enseignants, le manque de moyens alloués au remplacement est chronique. "L'Éducation nationale doit revoir sa politique de gestion des ressources humaines", estime un syndicaliste.
Les conséquences pour les élèves
Les conséquences de ces absences non remplacées sont lourdes pour les élèves. Retards dans les apprentissages, difficultés accrues pour les élèves déjà en situation de fragilité, et stress pour les familles. "Mon fils a perdu confiance en lui. Il ne comprend plus ce qu'il fait en classe", témoigne une mère d'élève.
Vers une prise de conscience ?
Cette condamnation pourrait faire jurisprudence. Elle intervient dans un contexte où le ministre de l'Éducation nationale a annoncé un plan de lutte contre l'absentéisme et pour l'amélioration du remplacement. Reste à voir si les moyens suivront. En attendant, les parents du 13e arrondissement espèrent que leur combat servira d'exemple.



