Le Père Cent à Royan : les lycéens face à une concurrence inédite pour leur quête
Père Cent à Royan : concurrence inédite pour les lycéens

Le Père Cent à Royan : une tradition festive perturbée par une concurrence inattendue

Ce mercredi 18 mars 2026, sous un soleil généreux et au son assourdissant des klaxons, les élèves de terminale de Royan ont investi les carrefours de la ville pour célébrer le Père Cent. Cette tradition bien ancrée marque les 100 jours avant le baccalauréat, un rite de passage festif où les lycéens, déguisés de manière créative, battent le pavé pour récolter quelques euros auprès des automobilistes.

Une quête compliquée par la concurrence des villes voisines

Cette année, cependant, la quête s’annonce plus ardue que d’habitude. Des centaines de lycéens, transformés en radars, en Simpson ou en bouteilles d’alcool, arpentent les rues avec pancartes en main, mais ils font face à un obstacle inattendu : la concurrence des lycées des villes voisines. La Rochelle, Rochefort et Marennes ont déjà organisé leurs propres célébrations les mercredis précédents, aux mêmes endroits stratégiques.

Résultat : les passants et automobilistes, déjà sollicités à plusieurs reprises, se montrent moins enclins à donner. « C’est nul, les gens ont déjà fait des dons donc ils ne veulent plus », déplore Ainhoa Basquez, déguisée en travailleuse de chantier. « On l’a un peu en travers », ajoute-t-elle, exprimant un sentiment de frustration partagé par de nombreux participants.

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Stratégies et soupçons de concurrence déloyale

Le sentiment d’injustice est d’autant plus vif que certains lycéens soupçonnent une stratégie délibérée de la part de leurs homologues. « À La Rochelle, il y a déjà beaucoup de concurrence entre lycées. Du coup, certains se sont déplacés à Royan, pour être sûrs d’être seuls », explique Noé Cerrone, déguisé en « barman », une version alcoolisée de Batman. Son ami Andrea confirme : « Ils sont venus les jours où on ne le faisait pas, pour être tranquilles ».

Les écarts de récolte illustrent clairement cette dynamique. Alors que certains groupes frôlent les 80 euros en milieu de matinée, d’autres peinent à dépasser les 20 euros. « Les autres ont tout pris, alors on gratte là où on peut », résume Yaëlle Menard, transformée en plot de chantier, soulignant la difficulté à maximiser les gains dans ce contexte compétitif.

Ingéniosité et adaptation des lycéens royannais

Face à cette concurrence inattendue, les lycéens de Royan ont dû redoubler d’ingéniosité pour optimiser leur quête. Certains se sont levés dès 4 h 30 du matin pour s’approprier les emplacements les plus stratégiques, comme la sortie du marché, le carrefour du commissariat ou la route de Rochefort. « Ce sont les endroits stratégiques, avec beaucoup de passage le matin », explique Nolan Loiseau-Ferracci, déguisé en homme des cavernes et stratège du jour.

D’autres ont investi dans des solutions technologiques pour faciliter les dons. « On a notre petit TPE, acheté spécialement pour ceux qui n’ont pas de monnaie », sourit Leandra Blaha, démontrant une adaptation pragmatique aux habitudes de paiement modernes.

Une ambiance festive malgré les défis

Malgré ces difficultés, l’ambiance reste résolument festive et joyeuse. « C’est avant tout pour s’amuser », rappelle l’équipe des Pom’Potes, insistant sur l’aspect convivial et traditionnel de l’événement. Le Père Cent, bien qu’écorné par ces tensions concurrentielles, continue de rassembler les lycéens dans un esprit de solidarité et de célébration.

Des déguisements originaux comme le duo des Lorax en tutu pailleté ou la policière et sa prisonnière (Naomi Bernard en bleu et Majdouline Perraud en orange) ajoutent une touche de créativité et d’humour à la journée. Même un dinosaure, qui avait mal compris le thème, participe à la fête, symbolisant la diversité et la spontanéité de cet événement unique.

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En définitive, le Père Cent 2026 à Royan illustre comment une tradition scolaire peut être à la fois préservée et adaptée face à des défis inédits. Les lycéens, par leur résilience et leur innovation, démontrent que l’esprit festif et communautaire peut triompher des obstacles, même lorsque la concurrence s’invite là où on ne l’attendait pas.