Mobilisation des parents contre la suppression de postes d'enseignants en Aveyron
Parents mobilisés contre la suppression de postes d'enseignants

Une mobilisation citoyenne pour défendre l'école rurale

Mardi 7 septembre, une vive colère a saisi la communauté éducative de Sévérac-d'Aveyron en Aveyron. Les parents d'élèves, soutenus par les maires des communes historiques et une large partie de la population, ont décidé de passer à l'action en bloquant partiellement la RN 88 au niveau du rond-point de Recoules-Prévinquières. Cette manifestation spontanée fait suite à l'annonce brutale de la suppression d'un demi-poste d'enseignant à l'école de Recoules, au profit de la création d'un demi-poste à Lapanouse.

Une décision administrative jugée inacceptable

Edmond Gros, maire de Sévérac-d'Aveyron, n'a pas caché son indignation. "La municipalité est très choquée par la démarche de l'Éducation nationale", a-t-il déclaré. "On a appris ce matin qu'il y avait une demi-suppression de poste à Recoules pour créer un demi-poste à Lapanouse. On trouve ça vraiment regrettable de ne pas s'occuper de l'intérêt des enfants et de l'intérêt des enseignants." Le premier magistrat a également dénoncé une proposition "complètement délirante" : transférer les élèves de CM à Lapanouse sur Sévérac-le-Château.

Il a poursuivi en pointant les incohérences sanitaires : "Dans la première hypothèse, on se retrouve avec 21 écoliers à la cantine qui seront entassés comme tout alors qu'avec le Covid-19, on nous demande de respecter la distanciation. On n'y comprend rien du tout. On a déjà ouvert l'école depuis une semaine et on attend le dernier moment pour nous annoncer de telles choses !"

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Un "sombre marchandage" dénoncé par les élus locaux

Damien Laurain, maire délégué de Lapanouse, a renchéri en qualifiant l'attitude de l'administration de "franchement scandaleuse". "On est proche d'un sombre marchandage où il fallait absolument perdre un poste dans la commune de Sévérac-d'Aveyron", a-t-il affirmé. Selon lui, les calculs de l'Éducation nationale, basés sur une moyenne de 20,2 enfants par instituteur pour la commune nouvelle, ignorent totalement les réalités du terrain.

"On ne tient nullement compte de la géographie, de la logistique et encore moins de l'humain", a-t-il déploré. "Je me mets également à la place des parents de Recoules qui ne pensaient pas du tout être dans cette boucle puisqu'il n'y avait pas de difficulté pour eux, il n'y avait pas d'hypothèse de suppression ni en juin ni en septembre." Le maire délégué a conclu amèrement : "Encore une fois, l'Éducation nationale, sous prétexte de trouver une pseudo-solution, crée plus de problèmes qu'autre chose en mettant en difficulté non plus une école de la commune mais deux."

Cette mobilisation, qui a perturbé la circulation sur un axe routier important, illustre la profonde inquiétude des acteurs locaux face à des décisions perçues comme arbitraires et déconnectées des besoins réels des écoles rurales. Les parents et élus exigent une révision immédiate de cette mesure et un dialogue constructif avec les services de l'Éducation nationale pour préserver la qualité de l'enseignement sur leur territoire.

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