Parcoursup : l'algorithme opaque qui inquiète les directeurs d'Ifsi
Parcoursup : l'algorithme opaque inquiète les Ifsi

Parcoursup : un algorithme opaque au cœur des interrogations à l'Ifsi de Sète

Fabienne Kasprzyk, directrice de l'Institut de formation en soins infirmiers (Ifsi) de Sète, lève le voile sur les mécanismes de sélection des candidats via la plateforme Parcoursup. Dans un entretien exclusif, elle exprime ses réserves quant au fonctionnement de cet outil numérique, dont l'opacité suscite des inquiétudes tant chez les lycéens que chez les responsables de formation.

Un processus de sélection anonyme mais contesté

La directrice de l'Ifsi sétois rappelle que tous les dossiers sont anonymisés, éliminant ainsi tout risque de discrimination. « Pour nous, il n'y a pas d'importance que le candidat ait un bac technologique ou général », précise-t-elle. Cependant, cette anonymisation ne suffit pas à apaiser ses craintes. Dans l'Hérault, les Ifsi sont répartis en deux secteurs, Est et Ouest, et celui de Sète, situé à l'Est, a reçu pas moins de 12 000 candidatures pour seulement 1 500 places, illustrant l'engouement massif pour les formations infirmières.

Le poids limité des établissements dans la décision finale

Fabienne Kasprzyk détaille le processus : le rectorat transmet entre 82 et 89 dossiers, préalablement triés par l'algorithme Parcoursup, aux formateurs de l'Ifsi. « Le problème est que l'on ne sait rien de la sélection que l'algorithme fait. Pourquoi ces dossiers-là ? », s'interroge-t-elle. Les formateurs évaluent ensuite les candidats sur des critères tels que le savoir-être, le savoir-faire, la motivation et la cohérence du projet professionnel, attribuant une note sur 20. Mais cette étude minutieuse ne représente qu'entre 30 % et 40 % du poids dans la décision finale. « Pour le reste, c'est l'algorithme », déplore la directrice, soulignant ainsi la prédominance d'un système dont les rouages restent mystérieux.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Des pistes d'amélioration pour plus d'équité

Pour optimiser le système, Fabienne Kasprzyk propose plusieurs axes d'amélioration. Elle insiste sur la nécessité de prendre en compte le critère géographique, « puisque l'idée est quand même de former des gens pour les établissements de proximité ». De plus, elle plaide pour une augmentation du pourcentage d'influence des établissements sur la décision finale, estimant que la part de l'algorithme est actuellement trop importante. Ces ajustements pourraient, selon elle, renforcer la transparence et l'équité du processus d'admission, répondant ainsi aux attentes des candidats et des professionnels de la formation.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale