Parcoursup : comment transformer l'anxiété en sérénité grâce à la sophrologie
La plateforme Parcoursup génère chaque année des tensions considérables et un stress palpable chez les élèves de terminale qui doivent y faire face. Pourtant, en se reconnectant à ses sensations profondes, à ses souvenirs et à son identité véritable, il devient possible de trouver des réponses aux doutes concernant l'avenir et de réintroduire de la sérénité au cœur de cette période particulièrement agitée. Mathilde Hauss, sophrologue caycédienne et membre de l'équipe Afrépa de l'hôpital Rothschild à Paris, partage ses précieux conseils pour traverser cette étape avec assurance et tranquillité d'esprit.
1. Reconnaître et accepter l'existence de la pression
La première étape indispensable consiste à prendre pleinement conscience de l'immense pression générée par Parcoursup. Qu'elle soit implicite ou explicite, qu'elle émane du jeune lui-même, de sa famille, de ses camarades, du lycée ou de la société dans son ensemble, cette tension existe bel et bien. Activer sa présence constitue déjà un pas significatif vers l'émancipation. Cela ne signifie pas pour autant qu'il faille la subir passivement, mais cela permet de comprendre que cette période est objectivement stressante pour de multiples raisons indépendantes de l'individu. Le jeune n'est pas fragile en soi.
Effectuer ces choix d'orientation s'avère particulièrement difficile, surtout lorsqu'ils ne sont pas totalement libres. Ils sont souvent imposés et peuvent sembler presque impossibles, car il s'agit de sélectionner un métier qui plaise, tout en intégrant des responsabilités éthiques, des préoccupations altruistes et écologiques. Ces injonctions paradoxales créent une situation complexe où l'on demande au lycéen de trouver quelque chose qui n'existe pas toujours. En prendre conscience permet déjà de faire retomber une partie significative de la pression.
2. Élaborer ses choix en écoutant ses véritables envies
Pour choisir les formations à renseigner sur Parcoursup, le lycéen doit commencer par écouter attentivement ce qui lui procure du plaisir authentique. Des techniques sophrologiques permettent de se replonger dans des souvenirs agréables, des moments où il se sentait véritablement bien, afin de laisser émerger ses désirs profonds. Peu importe si ces envies semblent farfelues initialement ou entrent en contradiction avec la réalité : il est essentiel de les laisser surgir librement avant de les soumettre à la « moulinette du plausible ».
Pour générer des idées, le jeune peut se projeter dans ses souvenirs d'enfance, période où il était plus libre et moins soumis aux injonctions extérieures. S'il s'imagine dehors, dans la nature, cela pourrait indiquer une orientation vers ce domaine. À l'inverse, s'il se projette dans le cocon rassurant de sa chambre, un environnement de bureau pourrait lui convenir davantage.
Quels éléments ressortent de ces souvenirs et pourraient constituer des pistes d'orientation ? Préfère-t-il les situations sociales ou la solitude ? L'objectif est de laisser remonter des situations où il se sentait bien, de se souvenir de qui il est véritablement, car on excelle naturellement là où l'on se sent épanoui. Il ne faut surtout pas se forcer, au risque de se bloquer et de ne pas terminer son cursus. On est doué là où l'on est bien, et il est inutile de nier sa propre nature. La censure personnelle doit être évitée.
Ensuite, bien sûr, ces réflexions devront être confrontées à la réalité. Si le jeune aspire à devenir fleuriste mais que ses parents s'y opposent fermement, il peut opter pour un choix approchant ou radicalement différent, tout en gardant à l'esprit que son rêve pourra peut-être se réaliser ultérieurement.
3. Apprendre à accepter l'attente et l'incertitude
Excepté pour des cas extrêmes – élèves excellents ou très en difficulté –, aucun résultat n'est garanti sur Parcoursup. Quel que soit le niveau et la cohérence du dossier, il faut accepter que nous ne maîtrisons pas entièrement la situation, ce qui est particulièrement anxiogène. Nous sommes responsables de nos notes, mais pas du fonctionnement de Parcoursup. Il s'agit donc de travailler sur l'acceptation de l'incertitude : nous contrôlons ce qui est en notre pouvoir, et nous devons lâcher prise sur le reste.
Parcoursup fonctionne comme de nombreux aspects de la vie : souvent cela aboutit, mais pas systématiquement, et il faut alors trouver d'autres solutions. Une fois le meilleur dossier possible constitué, il faut accepter que cela ne nous appartient plus. Cette acceptation permet de sortir de la culpabilité et d'une responsabilité excessive. Pour lâcher prise, il faut accepter les choses telles qu'elles sont, se faire confiance et se détendre. Des solutions existent toujours. Personne ne joue sa vie définitive avec Parcoursup. C'est une expérience, pas un choix irréversible.
4. Se calmer efficacement avant les échéances importantes
Avant un examen oral ou écrit déterminant pour Parcoursup, le lycéen peut visualiser tous les moments où il a travaillé assidûment : à la bibliothèque, dans sa chambre, allongé sur son lit, assis à la table du salon… Il a accumulé toutes ces heures de travail durant lesquelles il a acquis des connaissances solides, ce qui est fondamentalement rassurant. Se replonger dans ces situations l'aide à se rappeler qu'il a fourni un travail conséquent.
Pour un oral, il peut également se souvenir de ses prises de parole publiques réussies, du spectacle auquel il a participé… L'idée est de faire remonter des souvenirs de situations analogues qui se sont bien déroulées. Constater son évolution, reconnaître ses progrès et ses expériences positives permet de réaliser que ce qu'il s'apprête à vivre n'est pas une situation totalement inédite.
Il peut aussi visualiser l'échéance à venir en la vivant « comme si » elle se déroulait de manière idéale. Il est crucial de se préparer, de s'entraîner à vivre différemment des situations habituellement stressantes. Lors d'une séance de sophrologie, on peut se projeter le jour de l'examen, imaginer les situations potentiellement anxiogènes et les gérer mentalement avec sérénité (préparer ses affaires, se rendre sur place, gérer l'attente, le stress des autres élèves, la découverte du sujet, l'accès à ses connaissances, etc.). La répétition de cet exercice permet de désamorcer nos peurs et d'aborder l'examen dans des conditions optimales.
Une autre technique efficace consiste à imaginer les bénéfices d'une épreuve réussie : « Je suis satisfait de ma performance, j'étais en pleine possession de mes moyens, j'ai envie d'en parler, je n'ai plus de tension… » Vivre par anticipation ces satisfactions peut agir comme un véritable moteur motivationnel.
5. Éviter les conversations obsessionnelles sur le sujet
Il est préférable d'éviter les conversations interminables sur Parcoursup, que ce soit en famille, au lycée ou entre amis. Rien ne sert d'en parler pendant des mois entiers. Il est essentiel de respirer : ne rien faire d'autre que des activités ludiques, traîner, discuter avec des amis (sans évoquer Parcoursup)… Prendre des pauses régulières est indispensable pour être plus efficace par la suite. Avoir de tels moments de détente est absolument nécessaire.
Les lycéens subissent souvent la pression d'avoir la pression, avant même de redouter concrètement leurs résultats. Il est urgent de se détendre ! Après le baccalauréat, la pression montera encore d'un cran, particulièrement dans les filières exigeantes. Un adulte ne supporterait pas une telle tension continue.
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