Variant Omicron : une pression intense sur les établissements scolaires d'Occitanie
Les écoles de la région Occitanie subissent de plein fouet l'impact du variant Omicron, avec des centaines de classes fermées et des milliers d'élèves et de personnels contaminés. La continuité pédagogique est mise à rude épreuve dans de nombreux établissements, créant une situation de tension généralisée.
Des chiffres qui doublent en quinze jours
Les derniers chiffres communiqués par l'académie de Montpellier révèlent une situation alarmante. Jeudi dernier, on comptait 971 classes fermées, 1 267 personnels et 21 184 élèves contaminés par le Covid-19. Ces chiffres représentent un doublement par rapport à il y a quinze jours, où l'on dénombrait 487 classes fermées, 689 personnels et 10 969 élèves touchés. Seules trois écoles sont entièrement fermées, mais la situation reste préoccupante.
Des parents désemparés face aux fermetures imprévues
De nombreux parents se retrouvent dans des situations difficiles, apprenant souvent au dernier moment que l'enseignant de leur enfant est positif au Covid ou cas contact. "On fait du bricolage pour assurer des cours", confie une enseignante de la Cité scolaire Françoise Combes à Montpellier, où l'absence d'un professeur de français non remplacé depuis plusieurs mois pèse lourdement sur l'organisation.
Samira Ouali, représentante de la FCPE, témoigne des difficultés rencontrées au collège Rimbaud de Montpellier : "Cinq professeurs manquaient à l'appel ce lundi matin. L'instituteur de ma fille est absent depuis mardi et on a appris ce matin que son remplaçant attendu avait le covid."
Le rectorat mobilise des moyens exceptionnels
Face à cette crise sanitaire sans précédent dans le milieu scolaire, le rectorat de Montpellier a pris des mesures d'urgence. Sophie Béjean, rectrice de l'académie, a annoncé le recrutement de 206 professeurs remplaçants supplémentaires depuis début janvier, dont 190 en CDD de six mois et 16 fonctionnaires stagiaires.
"Nous avons augmenté nos capacités de remplacement dans le premier degré de 30 à 40%", précise la rectrice, soulignant l'ampleur de l'effort consenti. Des renforts administratifs et un crédit de 48 000 heures supplémentaires pour les assistants d'éducation ont également été débloqués.
Des établissements qui s'adaptent malgré les difficultés
Dans certains lycées, l'administration fait preuve de réactivité. Aurore Moser, membre de l'association des parents indépendants du lycée Joffre à Montpellier, reconnaît que "l'administration fait vraiment ce qu'il faut pour trouver des solutions", même si les procédures de remplacement dans le second degré ne peuvent être enclenchées qu'après quinze jours d'absence.
La rectrice appelle à la solidarité : "Il y a forcément un aspect frictionnel qui complique les situations sur le terrain, mais j'ai constaté de la bienveillance et de la compréhension mutuelle entre nos équipes, qui font le maximum, et les parents. Il faut tenir le cap ensemble."
Des préoccupations qui dépassent le seul protocole sanitaire
Rémy Landri, président de la FCPE dans les Pyrénées-Orientales, dénonce une situation qui occulte d'autres enjeux éducatifs majeurs : "On en oublie presque les problèmes majeurs, la formation, l'orientation, les compétences des élèves, et la gestion du décrochage scolaire, tant on se préoccupe du protocole..."
Malgré ces difficultés, le report à mai des épreuves de spécialités du baccalauréat, initialement prévues en mars, a apporté un peu de répit aux établissements et aux élèves concernés.



