Nîmes : L'école Paul-Marcelin menacée de perdre deux classes, les parents se mobilisent
Nîmes : École Paul-Marcelin menacée de perdre deux classes

Une école prioritaire doublement touchée par les suppressions de classes

Dans le quartier prioritaire de Valdegour à Nîmes, l'école élémentaire Paul-Marcelin fait face à une menace exceptionnelle : la perte non pas d'une, mais de deux classes pour la rentrée scolaire de septembre 2026. Cette situation, révélée par les documents partagés par la direction académique aux syndicats, place cet établissement en Réseau d'éducation prioritaire renforcé (Rep+) dans une position particulièrement vulnérable.

Une mobilisation parentale déterminée

Ce lundi après les cours, les parents d'élèves se sont rassemblés devant l'école, pancartes à la main, pour exprimer leur colère et leur inquiétude. "Une classe, on s'y attendait. Mais deux d'un coup ! On a du mal à avaler la pilule", proteste Hanane Achamboun, présidente de l'Association des parents d'élèves. Elle souligne que ces suppressions affecteront directement les moyennes d'effectifs et mettront fin au dédoublement des classes de CP et CE1, une mesure pourtant voulue par le président Macron pour les écoles prioritaires.

Une école aux effectifs importants déjà fragilisée

Paul-Marcelin compte parmi les plus grandes écoles de Nîmes avec 207 élèves répartis en 14 classes, dont une classe Ulysse. Les effectifs actuels se situent autour de 22-23 élèves dans les classes de CE2, CM1 et CM2, avec des nombres réduits dans les CP-CE1 dédoublés. "On a déjà des taux de pauvreté importants dans le quartier. Si on nous enlève les moyens de l'école, comment voulez-vous que les enfants s'en sortent ?", interrogent les mamans de l'APE, Virginie Belouadi, Fatima Ouhaddou, Nadia Fakhiri et Nawal Mechellekh.

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Elles rappellent que jusqu'à présent, les bonnes relations avec une équipe enseignante engagée ont permis d'obtenir de bons résultats malgré les difficultés socio-économiques du quartier. Cette nouvelle menace de suppression vient fragiliser davantage une structure éducative déjà éprouvée par plusieurs pertes de classes au cours des dernières années.

Un mouvement de protestation qui s'étend dans le Gard

La mobilisation ne se limite pas à l'école Paul-Marcelin. Dans tout le département du Gard, d'autres établissements scolaires font entendre leur mécontentement :

  • À l'école élémentaire Fanfonne-Guillierme d'Aimargues, une nouvelle manifestation s'est tenue ce lundi. "L'école se situe dans une zone à fort potentiel de croissance. Elle a un dispositif Ulysse et on retrouve régulièrement des familles de gens du voyage", explique Laetitia Angeolras, présidente de l'APE des écoles d'Aimargues. Une manifestation dans les rues de la commune est prévue mercredi matin.
  • Ce mardi à Nîmes, une mobilisation est annoncée à l'école Prosper-Mérimée entre 8h et 8h30.

Le soutien des élus locaux

Lors de la manifestation devant Paul-Marcelin, les parents d'élèves ont reçu le soutien de plusieurs élus de la nouvelle majorité municipale : M. Détrez, Mmes Chaïda, Daguenet, Seguin et Menut. Cette dernière, ancienne institutrice, n'a pas mâché ses mots : "Fermer des classes dans n'importe quelle école, c'est injuste. Mais ici, dans ces quartiers où la précarité ne cesse d'augmenter… ça l'est encore plus. Ces enfants, il faut les aider, les stimuler !"

Une décision cruciale à venir

Les parents d'élèves de Paul-Marcelin se mobiliseront à nouveau ce vendredi devant la Direction des services départementaux de l'Éducation nationale (DSDEN), juste avant que ne soit arrêtée la version finale de la carte scolaire pour la rentrée 2026. Cette ultime action vise à faire pression sur les décideurs pour qu'ils reconsidèrent cette double suppression qui, selon les familles et les enseignants, porterait un coup sévère à l'éducation des enfants d'un quartier déjà défavorisé.

Cette situation met en lumière les tensions croissantes autour de la carte scolaire dans le département du Gard, où plusieurs établissements font face à des réductions de moyens qui suscitent l'inquiétude des communautés éducatives et des élus locaux.

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