Nîmes : une agression de collégienne née en 2010 déclenche la mobilisation des parents contre le harcèlement
Au collège Henri-Pitot d'Aramon, dans le Gard, une agression physique survenue peu après la rentrée scolaire a provoqué une vive réaction des parents d'élèves. La victime, une jeune fille de sixième née en 2010, a été attaquée par deux garçons lors de la montée dans le bus scolaire à proximité de l'établissement. Cet incident a mis en lumière les craintes grandissantes concernant le harcèlement visant spécifiquement les collégiens nés en 2010, un phénomène largement relayé sur les réseaux sociaux sous le hashtag #Anti2010.
Une plainte déposée et une mobilisation organisée
La mère de la collégienne, qui souhaite conserver l'anonymat, a déposé une plainte à la gendarmerie et créé une page Facebook pour identifier les auteurs. Elle décrit les faits avec précision : "Au moment de rentrer dans le bus, deux garçons ont marché sur les pieds de ma fille, l'ont fait tomber avant de lui asséner des coups de poing dans le dos." Bien qu'elle ignore si l'année de naissance de sa fille est liée à l'agression, elle a rejoint un groupe de parents déterminés à lutter contre le harcèlement scolaire.
Ces parents, préoccupés par la recrudescence des agressions verbales et physiques, ont créé ce mercredi un groupe sur Messenger. Leur objectif est clair : assurer une meilleure prise en compte du harcèlement par les élèves, les familles et les équipes éducatives. Un père d'élève, éducateur de profession, témoigne : "L'une de mes filles a fréquenté le collège d'Aramon il y a quelques années. Elle a été fréquemment harcelée. Je l'ai signalé mais rien n'avait été réglé." Il ajoute avec inquiétude : "En ce moment, ces agressions verbales entre élèves reviennent et j'ai su par ma fille que les enfants nés en 2010 pourraient être visés aussi."
Des positions divergentes entre parents et institution
Face à cette mobilisation, la principale du collège, Véronique Villatte, adopte une position mesurée. Elle affirme ne pas avoir eu connaissance d'agressions verbales ou de harcèlement ciblant les élèves nés en 2010. "S'il y a un problème, on reçoit les parents. Les entrées et sorties au collège sont sereines et surveillées", assure-t-elle, tout en reconnaissant l'importance de ne pas minimiser les faits récents.
Philippe Maheu, Directeur des services de l'Éducation nationale dans le Gard (Dasen), relativise quant à lui l'ampleur du phénomène. "Ce phénomène de harcèlement a été construit sur les réseaux sociaux. Et donc en dehors de l'école qui n'est aucunement responsable", explique-t-il. Il précise que le cyber harcèlement fait l'objet d'un travail continu depuis plusieurs années, mais que la problématique des élèves nés en 2010 "n'est pas un sujet qui nous inquiète plus que ça". Aucun dispositif particulier n'a donc été mis en place, bien qu'une vigilance accrue soit maintenue.
Un climat d'angoisse et un appel à l'éducation
Le hashtag #Anti2010, viral sur les plateformes sociales, contribue à instaurer un climat d'angoisse parmi les parents d'élèves du Gard. La mère de la collégienne agressée insiste sur la dimension éducative : "C'est d'abord une question d'éducation. [...] Je ne veux pas qu'il y ait une psychose autour de ça. Le harcèlement a toujours existé. Celui d'enfants nés en 2010 est plus médiatisé aujourd'hui."
Le ministère de l'Éducation nationale souhaite renforcer les messages de sensibilisation sur les risques liés à l'exposition des collégiens aux réseaux sociaux, y compris concernant le harcèlement des enfants nés en 2010. Cette initiative vise à prévenir l'escalade des violences et à apaiser les tensions au sein des établissements scolaires.
Les parents mobilisés, quant à eux, restent déterminés à faire entendre leur voix. Leur groupe de discussion en ligne sert de plateforme d'échange et d'alerte, symbolisant une prise de conscience collective face à un problème qui dépasse le cadre strictement scolaire pour s'inscrire dans un contexte sociétal plus large.



