Montpellier : le SCUM dénonce la précarité étudiante grandissante
Montpellier : le SCUM alerte sur la précarité étudiante

Montpellier : le Syndicat de Combat Universitaire tire la sonnette d'alarme

Les membres du Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier (SCUM) ont tenu leur première conférence de presse de la rentrée à l'Université Paul Valéry. Créé en 2014, ce syndicat qui compte aujourd'hui une trentaine d'adhérents a détaillé ses objectifs pour l'année universitaire à venir, en mettant particulièrement l'accent sur la précarité grandissante des étudiants.

Une précarité exacerbée par la pandémie

Les représentants du SCUM ont immédiatement souligné l'impact dévastateur de la pandémie de Covid-19 sur la situation financière des étudiants. "La pandémie a mis en relief des problèmes préexistants", a déclaré Benjamin Coquard, membre actif du syndicat. Selon leurs observations, le manque d'emplois saisonniers a privé de nombreux étudiants de sources de revenus essentielles pour financer leurs études.

Cette difficulté est amplifiée par l'augmentation du coût de la vie à Montpellier, qui a progressé de 2,14 % en 2021 selon un rapport de l'Unef. Pour répondre à cette urgence sociale, le SCUM prévoit de reprendre ses distributions alimentaires, une action qui avait déjà porté ses fruits lors du semestre précédent.

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"Nous avons distribué plus de 6 000 colis alimentaires entre janvier et juin 2021", précise Benjamin Coquard. Audrey Bardon ajoute que le syndicat est "pour l'instant à la recherche d'un local. La Banque alimentaire nous a déjà annoncé son aide".

Le casse-tête des affectations en Master

Un autre combat majeur du SCUM concerne les étudiants diplômés d'une licence qui se retrouvent sans affectation en Master à la rentrée. L'an dernier, grâce à l'intervention du syndicat, une vingtaine d'étudiants avaient pu obtenir une place. Cette année, la situation semble encore plus critique.

"Nous avons déjà une cinquantaine d'étudiants qui nous ont contactés car ils se retrouvent sans affectation", révèle Matéo Safti, membre du bureau du SCUM. Il précise que "la majorité sont des étudiants étrangers qui, sans leur Master, n'auront plus accès à leur visa et seront donc expulsables de France vers leurs pays d'origine".

Une sélection universitaire dénoncée

Depuis la réforme de 2017, les universités ont la possibilité de sélectionner les étudiants à l'entrée de la première année de Master. À partir de juin 2021, les conditions pour contester un refus auprès du rectorat se sont considérablement durcies : l'étudiant doit avoir formulé au moins cinq vœux dans deux disciplines et deux académies différentes.

Le SCUM dénonce vigoureusement cette situation, qualifiant ces procédures de "logiques élitistes de sélection sociale à l'université". Le syndicat affirme que "la sélection impacte en priorité les étudiants précaires et ceux qui ont eu un parcours scolaire sinueux", créant ainsi une inégalité d'accès à l'enseignement supérieur.

Face à ces défis multiples, le Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier se positionne comme un acteur essentiel de la défense des droits étudiants, appelant à une prise de conscience collective sur les conditions de vie et d'étude dans l'enseignement supérieur français.

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