Nîmes : une mobilisation forte pour les droits des accompagnants scolaires
Ce mardi après-midi, une mobilisation significative a rassemblé les accompagnants d'élèves en situation de handicap (AESH) et les assistants d'éducation (AED) à Nîmes. L'objectif principal de ce rassemblement était de défendre leurs revendications historiques pour l'obtention d'un véritable statut et d'un salaire digne de leurs missions essentielles.
Une exaspération grandissante face à la précarité
Lors de cette journée d'action, plusieurs syndicats, dont la FSU, Sud, la CFDT et la CGT, ont appelé à se rassembler devant la Maison Carrée en début d'après-midi. Cette mobilisation faisait suite à une réunion matinale avec le Directeur des services départementaux de l'éducation nationale du Gard, consacrée spécifiquement à la situation des AESH et AED.
Ingrid Poitevin, AESH et représentante FSU, a exprimé avec force l'exaspération qui anime les accompagnants depuis des années : "Cela fait 20 ans qu'on demande un vrai statut. Le nombre d'AESH ne cesse d'augmenter. On est plus de 140 000 AESH en France. La priorité est donnée aux accompagnements individualisés. Les enfants se retrouvent avec trois heures ou une seule par semaine. Comment peut-on parler d'accompagnement ?"
Des conditions de vie sous le seuil de pauvreté
Sandrine Auriel, AESH et militante chez Sud, a souligné le paradoxe criant de leur situation : "Nous sommes indispensables au fonctionnement de l'école inclusive mais nous restons invisibles. Nous sommes engagées et pourtant maintenues dans une précarité constante. Combien de temps allons-nous subir ces conditions inacceptables ?"
Les revendications principales des AESH portent sur deux aspects fondamentaux :
- Un revenu digne correspondant à l'importance de leur mission
- Un vrai statut de fonctionnaire de catégorie B qui leur assurerait une reconnaissance professionnelle
Des besoins criants dans le département du Gard
Lors de la réunion avec le Dasen, il a été rappelé que les besoins les plus urgents en AESH se concentraient particulièrement dans trois zones du Gard :
- Le Vigan
- Alès
- Bagnols-sur-Cèze
Parallèlement, la discussion a porté sur la mise en œuvre des Pôles d'appui à la scolarité (PAS), expérimentés dans trois établissements gardois. Une manifestante a confié : "Treize seront créés à la rentrée de septembre 2026. Pour le Dasen, ce sera un modèle pour la gestion des élèves à besoin."
Les AED réclament également des améliorations
Les assistants d'éducation, de leur côté, formulent des demandes spécifiques :
- Un contrat à durée indéterminée pour une stabilité professionnelle
- Un salaire qui évolue avec l'expérience et les responsabilités
Une autre action de protestation a eu lieu au Grau-du-Roi, visant à "dénoncer le fait de déplacer des AESH sans raison", illustrant ainsi les difficultés organisationnelles auxquelles font face ces professionnels.
Perspectives institutionnelles
Il a été annoncé ce mardi que le Conseil départemental de l'éducation nationale (CDEN) se tiendrait le 17 avril prochain. Par ailleurs, la carte scolaire sera connue après les élections municipales de mars 2026, ce qui pourrait influencer l'organisation des accompagnements dans les établissements scolaires.
Cette mobilisation à Nîmes s'inscrit dans un mouvement plus large de revendications des personnels accompagnants, dont le rôle essentiel dans l'école inclusive contraste fortement avec la précarité de leurs conditions de travail et de vie. La détermination exprimée lors de cette journée suggère que la pression continuera de s'exercer sur les autorités éducatives pour obtenir des avancées concrètes.



