Une colère qui monte dans les établissements prioritaires du Lot-et-Garonne
La grogne est palpable dans les zones d'éducation prioritaire du département. Ce mercredi 18 mars, une mobilisation d'ampleur a rassemblé parents d'élèves et enseignants pour dénoncer avec force la suppression annoncée de postes et la surcharge croissante des effectifs dans les classes.
Le collège Paul-Froment en première ligne
Dès le matin, les membres des deux associations de parents d'élèves du collège Paul-Froment ont organisé une action commune de blocage. « On en a ras le bol, on ne va pas lâcher. Il y aura de nouvelles actions ! », ont-ils clamé. L'entrée de l'établissement a été barrée par des cadenas et une chaîne humaine, réduisant la présence des élèves à une trentaine seulement sur plus de 300 habituellement.
Jeannette Chefri de la Liste indépendante de parents d'élèves et Farida Abarki du Groupe indépendant de parents d'élèves ont exprimé leur exaspération : « Nos enfants doivent apprendre dans de bonnes conditions et être prioritaires sur les dotations de postes. En deux ans, on perd deux classes. D'ici cinq ans, à ce rythme, le collège va fermer. »
Une mobilisation qui s'étend à tout le département
La protestation a rapidement pris une dimension départementale. De nombreux parents du collège Paul-Froment ont rejoint la manifestation devant la Direction académique des services de l'Éducation nationale à Agen. Ils y ont retrouvé des enseignants et parents d'autres collèges et écoles du secteur, tous unis par le même combat.
À Port-Sainte-Marie, la situation est tout aussi critique. Les enseignants déplorent : « Nous perdons encore une classe l'an prochain, nos élèves de 3e seront 30 par classe. Le Dasen répartit la pénurie. Nous supportons 23 % des pertes de postes dans le second degré, mais le département ne représente que 7 % des élèves de l'Académie… »
Un calendrier qui attise les tensions
Les manifestants ont appris avec colère que la décision définitive concernant les suppressions de postes dans le second degré sera actée le 3 avril. « On n'en restera pas là ! », promettent-ils. Pour le premier degré, l'annonce de la carte scolaire est prévue pour le 30 mars, une échéance qui pourrait elle aussi donner lieu à de nouvelles mobilisations si les revendications ne sont pas entendues.
Les parents présents continuent d'apporter leur soutien aux enseignants, tout en soulignant l'urgence de la situation : « On est conscients que le problème est national. Mais on doit porter une attention particulière et un soutien aux élèves en zones REP. » La détermination est totale, et les prochaines semaines s'annoncent décisives pour l'avenir de l'éducation prioritaire dans le Lot-et-Garonne.



