Mobilisation massive à l'école bilingue d'Espelette pour défendre l'enseignement du français
Une mobilisation d'ampleur a rassemblé ce lundi 30 mars les parents d'élèves et plusieurs élus municipaux devant l'école publique bilingue du bourg d'Espelette. Cette action concertée vise à dénoncer une réorganisation pédagogique jugée profondément préjudiciable à la qualité de l'apprentissage des enfants.
Une menace concrète sur l'enseignement du français
Le cœur du conflit réside dans le projet de suppression d'un demi-poste d'enseignant en français, qui serait compensé par la création d'un demi-poste en basque. Isabelle Beltrittri, adjointe municipale à l'éducation et à la jeunesse, s'est jointe aux manifestants aux côtés de ses collègues Éric Lavigne et Jean-Jacques Richepin.
« Je soutiens totalement cette mobilisation. Ici, on est dans l'humain, cette suppression de poste impacterait la qualité de l'instruction. Si on arrive à des classes de plusieurs niveaux, ce sera compliqué pour les enfants qui ont besoin d'une attention particulière », a déclaré Isabelle Beltrittri, elle-même ancienne parent d'élève de cette école où ses trois enfants ont été scolarisés.
Des conséquences dramatiques pour les élèves
Les représentantes des parents d'élèves, Aurélie Garbay et Sabine Recarte, ont détaillé les impacts concrets de cette mesure. « La suppression d'un demi-poste en français obligerait soit à faire de très grosses classes de français qui dépasseraient les 25 élèves, soit de faire des classes de quatre niveaux », explique Sabine Recarte.
Cette configuration créerait selon elles une situation particulièrement difficile pour les élèves unilingues qui se retrouveraient isolés dans leur niveau. « Il y aurait une dégradation des conditions d'apprentissage pour tous les élèves, en français comme en euskara », précise-t-elle.
Une école en pleine expansion avec des besoins croissants
L'école publique primaire bilingue accueille actuellement 100 élèves, dont 75% sont bilingues. Un nombre croissant de jeunes nécessite un suivi pédagogique renforcé en raison de troubles d'apprentissage spécifiques.
« Ils se basent sur les mêmes quotas qu'il y a plusieurs années alors qu'il y a de plus en plus d'enfants qui requièrent un accompagnement. De plus, ils ne comptabilisent pas le nombre d'enfants inscrits en très petite section de maternelle. Ici, il y a presque autant de maternelles que de primaires, les classes vont donc aller en grossissant », ajoute Sabine Recarte.
Un débat qui dépasse les simples calculs budgétaires
La colère des parents trouve un écho parmi les élus locaux. « Le président Macron dit qu'il faut faire du réarmement démographique et faire plus d'enfants… À voir comment on les accueille, ça ne donne pas envie ! », remarque Aurélie Garbay avec ironie.
Éric Lavigne conclut amèrement : « C'est regrettable de privilégier les calculs numériques à l'aspect pédagogique ». Cette mobilisation met en lumière les tensions entre les impératifs administratifs et les réalités éducatives sur le terrain, dans un contexte où la qualité de l'enseignement bilingue semble menacée par des décisions purement comptables.



