Breil-sur-Roya : mobilisation contre la fermeture d'une classe à l'école Jean-Moulin
Mobilisation à Breil-sur-Roya contre la fermeture d'une classe

Breil-sur-Roya se mobilise contre la fermeture d'une classe à l'école Jean-Moulin

Ce vendredi 3 avril 2026, les parents d'élèves et les habitants de Breil-sur-Roya sont appelés à manifester devant l'école Jean-Moulin pour protester contre la fermeture d'une classe prévue à la prochaine rentrée scolaire. Cette décision de l'Éducation nationale suscite une vive colère parmi la communauté locale, qui estime qu'elle rompt une promesse formelle.

Une promesse non tenue selon le maire

Sébastien Olharan, le maire de Breil-sur-Roya, exprime son incompréhension face à cette annonce. Il rappelle que l'Éducation nationale s'était engagée à ne pas fermer de classe durant toute la durée du programme "territoire éducatif rural", en échange de la fusion des écoles élémentaire et maternelle. Cet engagement, confirmé par un courrier des services de l'Inspection académique daté du 14 janvier 2025, avait été une condition essentielle pour approuver la fusion. "Je considère donc que nous sommes en droit d'attendre le respect de la parole donnée", insiste-t-il.

Ingrid Billon, présidente de l'association des parents d'élèves (APE) de Breil, partage ce sentiment de trahison. "On se sent un peu dupés", avoue-t-elle, soulignant que la sauvegarde des classes était un préalable à la fusion. Elle appelle à une mobilisation massive ce vendredi matin pour faire entendre leur désapprobation.

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Un impact négatif sur le territoire et les élèves

Au-delà du principe, cette fermeture est perçue comme néfaste pour le territoire et les enfants. Avec 158 élèves attendus à la rentrée, les effectifs sont équivalents à ceux de 2020, année où une huitième classe avait été ouverte. Le maire souligne que cette décision enverrait un message désastreux aux habitants et aux futurs résidents, sapant les efforts de redressement après la tempête Alex.

Les chiffres sont alarmants : actuellement à 19,75 élèves par classe en moyenne, l'école passerait à 22,5 élèves par classe avec la fermeture, dépassant ainsi la moyenne nationale en zone rurale éloignée. "Si la fermeture est actée, on risque d'avoir des classes à triples niveaux", ajoute Ingrid Billon, une situation inacceptable compte tenu de la présence de 8% d'enfants allophones et de huit élèves en situation de handicap, sans classe spécialisée disponible.

Des compensations jugées insuffisantes

En réponse, l'Inspection académique a annoncé la création d'un poste UPE2A pour les élèves allophones. Cependant, le maire estime cette mesure peu utile, car un accompagnement spécifique est déjà assuré par les enseignants de maternelle. Il déplore que ce poste ne soit pas entièrement affecté à Breil-sur-Roya et qu'il ne compense pas le maintien de classes à effectifs réduits.

Cette décision risque aussi de compromettre les investissements municipaux, avec plus d'un million d'euros dépensés en 2018 pour rénover l'école maternelle et près de 2,5 millions d'euros engagés pour la rénovation de l'école élémentaire.

Tous les recours envisagés

Face à cette situation, Sébastien Olharan exige que les arguments locaux soient entendus et que les promesses soient tenues. "Si ces courriers et la manifestation se révélaient insuffisants, le maire n'exclut pas la possibilité de faire un recours auprès du tribunal administratif", indique-t-il.

L'APE est prête à intensifier la lutte. "Si on doit faire école morte, descendre au rectorat ou organiser un sit-in, on le fera", promet Ingrid Billon. Une pétition en ligne sur Change.org a déjà recueilli plus de 450 signatures, témoignant du soutien grandissant à cette cause.

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