Millau : la maire Emmanuelle Gazel se bat pour sauver une école menacée par la suppression d'un poste
La décision prise par la Direction académique de l'Aveyron de supprimer un poste d'enseignant à l'école Beauregard de Millau, lors du Conseil départemental de l'Éducation nationale (CDEN) tenu à Rodez le 23 juin, a provoqué une réaction ferme de la maire Emmanuelle Gazel. "C'est la première fois en dix ans que je m'exprime au CDEN pour défendre ma commune", a-t-elle déclaré, soulignant l'importance de cette mobilisation exceptionnelle.
Une école en quartier prioritaire fragilisée
L'école Beauregard, implantée dans un quartier prioritaire, subit la suppression de son troisième poste d'enseignant. Pour l'édile, envisager un quatrième retrait lui paraît insoutenable, d'autant que l'établissement "coche toutes les cases" des priorités éducatives. "Beauregard répond précisément aux priorités énoncées : mixité sociale, présence d'un dispositif d'inclusion, implantation dans un quartier relevant de la politique de la ville, dynamique de rénovation urbaine", a-t-elle détaillé. Malgré cet alignement presque parfait avec la doctrine de l'Éducation nationale, la sanction est tombée, brutale et inattendue.
Des indicateurs sociaux alarmants et une rénovation urbaine en cours
Le quartier est en pleine transformation, avec près de 200 logements vidés en prévision de leur démolition et reconstruction. Les premières nouvelles attributions sont prévues dès novembre, ce qui entraînera le retour de nombreuses familles et enfants. "Réduire les moyens aujourd'hui, c'est aller à rebours du bon sens", a insisté Emmanuelle Gazel. Les données socio-économiques du public scolaire sont préoccupantes : la proportion des familles payant moins de 3 euros par repas à la cantine a bondi de 30% à 43% en maternelle, tandis que celles payant plus de 5 euros sont passées de 30% à 16%. Une véritable paupérisation du quartier dont l'élue s'alarme, rappelant que la politique de la ville doit soutenir ces populations via un renforcement du service public éducatif.
Un dernier espoir suspendu à la rentrée et des effectifs contestés
Un autre point de discorde concerne les effectifs élèves. L'Éducation nationale avance environ 140 élèves, tandis que la municipalité en recense 157, un écart significatif qui pourrait influencer la décision si les prévisions de rentrée confirment cette tendance. "Rien n'est encore figé", a souligné Emmanuelle Gazel, qui espère une réévaluation d'ici septembre. Elle a salué l'écoute attentive de la Dasen, qui aurait reconnu que certains éléments évoqués au CDEN ne lui avaient pas été communiqués. "J'ai eu le sentiment d'être écoutée, d'avoir pu porter des arguments solides", a-t-elle affirmé, laissant entendre que la décision aurait pu être différente avec une meilleure information.
Un soutien politique limité et un constat plus large
Lors du vote, seuls Emmanuelle Gazel et Pierre Pantanella, maire de Saint-Rome-de-Cernon, se sont opposés à la carte scolaire adoptée. "Si tous les élus s'étaient opposés à ce projet, peut-être la décision aurait-elle été différente", a regretté l'édile de Millau, faisant allusion aux élus du département qui avaient pourtant assuré leur soutien aux parents d'élèves de Saint-Georges-de-Luzençon quelques jours plus tôt. Au-delà du cas de Beauregard, ou des suppressions de postes dans d'autres écoles comme Saint-Georges-de-Luzençon et Saint-Rome-de-Tarn, Emmanuelle Gazel dresse un constat plus large : "Malheureusement l'école n'est plus une priorité pour notre gouvernement, or l'école est le levier de la promotion sociale". Déterminée, elle a conclu : "Je ne peux pas, pour la quatrième rentrée consécutive, dire aux familles de Beauregard qu'elles perdront encore une classe. Ce n'est pas envisageable", montrant sa résolution à poursuivre le combat pour préserver l'avenir éducatif des enfants.



