Emmanuel Macron relance le débat sur les rythmes scolaires
Lors d'un entretien accordé au média Brut ce jeudi 5 février 2026, le président de la République Emmanuel Macron s'est prononcé en faveur d'une transformation profonde des rythmes scolaires pour les collégiens et lycéens français. Le chef de l'État a défendu l'idée de journées de classe plus courtes et de vacances d'été considérablement réduites, estimant qu'"un gros mois de vacances serait envisageable".
Vers des journées scolaires allégées
Emmanuel Macron a partagé sa vision d'une journée scolaire repensée pour les adolescents. "Il faudrait aller vers des journées plus courtes pour nos collégiens et nos lycéens", a-t-il affirmé, suggérant de commencer les cours plus tard le matin et de terminer plus tôt l'après-midi. Selon lui, cette organisation permettrait aux élèves de consacrer davantage de temps à des activités extra-scolaires essentielles à leur développement.
"Avec des journées moins chargées, on apprend mieux", a plaidé le président, insistant sur l'importance de libérer du temps pour la pratique sportive et les activités culturelles. Cette approche pédagogique alternative vise à optimiser les capacités d'apprentissage des adolescents tout en favorisant leur épanouissement personnel.
La contrepartie : des vacances d'été raccourcies
La réduction du temps scolaire quotidien s'accompagnerait nécessairement d'un ajustement du calendrier annuel. Emmanuel Macron a clairement énoncé la contrepartie : "on pourrait reprendre un peu plus tôt au mois d'août, on pourrait partir un peu plus tard en vacances". Cette proposition radicale remet en question la tradition française des grandes vacances estivales, actuellement parmi les plus longues d'Europe.
Le président a souligné les inégalités sociales générées par cette longue période de coupure scolaire. "Ça crée de l'injustice sociale entre les familles", a-t-il déploré, expliquant que les enfants des foyers les plus modestes sont souvent ceux qui "désapprennent" le plus pendant l'interruption estivale. Cette réflexion s'inscrit dans une volonté de réduire les disparités éducatives liées au milieu socio-économique.
Un débat renvoyé à 2027
Malgré la clarté de ses propositions, Emmanuel Macron a reconnu que la mise en œuvre concrète de ces changements relevait de la responsabilité gouvernementale. "C'est le gouvernement qui va avoir à agir", a-t-il précisé, tout en rappelant ses échecs passés à réformer les rythmes scolaires durant ses mandats successifs.
Or, le ministre de l'Éducation nationale Édouard Geffray a déjà indiqué que ce dossier sensible serait reporté à l'après-présidentielle de 2027. Cette position ministérielle persiste malgré la remise récente des propositions de la Convention citoyenne sur les temps de l'enfant, qui avait formulé vingt recommandations en novembre dernier.
Parmi les suggestions de cette convention citoyenne, composée de personnes tirées au sort :
- Ne pas commencer les cours avant 9 heures au collège et au lycée
- Mettre en place cinq jours d'école complets par semaine dès l'école élémentaire
- Mieux étaler les apprentissages sur l'année scolaire
Ces propositions alternatives visent elles aussi à optimiser les rythmes d'apprentissage tout en respectant les besoins physiologiques des enfants et adolescents. Le débat sur l'organisation du temps scolaire continue donc de diviser la communauté éducative, les familles et les décideurs politiques, sans perspective de résolution immédiate.



