Harcèlement scolaire : les élèves ambassadeurs de Montpellier veillent sur leurs camarades
Élèves ambassadeurs contre le harcèlement scolaire à Montpellier

Des sentinelles bienveillantes dans les couloirs du collège

Ils se nomment Winnie, Sifdin, Mamadou, Matys ou encore Mohamed. Ces élèves de troisième au collège Port-Marianne de Montpellier font partie des six mille élèves sentinelles déployés dans l'académie de Montpellier dans le cadre du programme pHARe de lutte contre le harcèlement scolaire. Leur mission essentielle consiste à repérer des camarades en situation de mal-être et à les encourager à se confier, jouant ainsi un rôle crucial de prévention au sein de leur établissement.

Le rôle d'aiguilleurs assumé avec sérieux et fierté

"Nous sommes là pour aider les personnes harcelées ou même les harceleurs. Les mettre en confiance pour qu'elles se confient. J'ai toujours aimé aider les autres, c'est quelque chose que j'arrive à gérer", explique Sifdin d'une voix assurée. Ces ambassadeurs, qui se surnomment affectueusement les "aiguilleurs", endossent un rôle de grands frères avec autant de sérieux que de fierté, capitalisant sur leur proximité naturelle avec les autres élèves.

Matys précise leur fonction : "Notre rôle est de détecter d'éventuelles situations de mal-être, de soutenir les élèves, les comprendre pour aborder le sujet sensible, savoir récapituler pour essayer de donner des conseils ou passer le relais à la cellule d'adultes". Ce dispositif est articulé avec un collectif référent d'adultes au sein de l'établissement, comprenant des conseillers principaux d'éducation, des professeurs, l'infirmière scolaire et des surveillants.

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Une formation spécifique pour discerner les nuances

Les élèves ambassadeurs ont bénéficié d'une formation dispensée par l'association montpelliéraine Astrée, qui œuvre pour restaurer le lien social et rompre la solitude à tous les âges. Cette formation leur apprend à faire la distinction entre une simple chamaillerie et un véritable problème lié au harcèlement, tout en développant leurs capacités d'écoute active.

"Ça nous donne un cadre, mais en pratique, on se forme surtout sur le terrain à travers les événements qu'on rencontre. On ajoute notre petit grain de sel", souligne Winnie, qui aspire à devenir chirurgienne cardio-vasculaire. Elle ajoute : "Quand je vais les voir, ils n'ont pas de barrière avec moi car ils me connaissent. Personnellement, je n'ai pas rencontré encore de cas de harcèlement. Juste des petits problèmes quotidiens, liés à des malentendus qui peuvent se régler facilement".

Une action préventive qui dépasse le cadre scolaire

Sifdin insiste sur la nature préventive de leur mission : "En tant qu'aiguilleurs on ne doit pas porter de jugement. Nous ne sommes pas vraiment des médiateurs car ils interviennent lors d'un conflit. Nous, on est là plus en prévention, pour éviter que ça dégénère". Cette vigilance s'étend également aux réseaux sociaux, où les phénomènes de groupe peuvent parfois amplifier les situations problématiques.

Winnie témoigne de cette vigilance numérique : "Même si ça dépasse parfois le cadre scolaire, je suis vigilante aussi sur les réseaux. Quand il y a des rumeurs qui se propagent, j'essaye d'intervenir". Sifdin, quant à lui, précise : "Dans mon précédent collège, on nous avait interdit de créer des groupes de classe sur internet. De toute façon, je ne suis pas sur les réseaux, je n'ai jamais été confronté à ça", un cas qu'il qualifie de très rare au collège Port-Marianne.

Ces élèves ambassadeurs représentent ainsi une première ligne de défense essentielle contre le harcèlement scolaire, incarnant une approche innovante et humaine de la prévention au sein des établissements scolaires de l'académie de Montpellier.

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