La carte scolaire du Lot-et-Garonne validée malgré l'opposition
Le directeur académique des services de l'Éducation nationale, Alexandre Falco, a présenté ce mardi 7 avril les contours de la nouvelle carte scolaire pour le département du Lot-et-Garonne. Cette annonce intervient après le boycott du vote par les syndicats lors du Comité départemental de l'Éducation nationale le vendredi 3 avril. Le département doit fermer 11,5 postes d'enseignants dans le premier degré (maternelle et élémentaire) pour la rentrée prochaine.
Un ajustement démographique nécessaire
« Pendant deux ans, le Lot-et-Garonne a été très préservé, ne rendant que peu de postes par rapport au nombre d'élèves en moins, en comparaison avec les départements limitrophes », a souligné Alexandre Falco. Face à la baisse continue de la démographie scolaire, « cette année, le département s'assied à la table de la solidarité ». Concrètement, sur les 99 postes supprimés dans l'académie de Bordeaux, le Lot-et-Garonne en assume 11,5 pour seulement 498 élèves en moins.
Pour mettre ces chiffres en perspective :
- En 2024, le département a perdu 567 élèves et deux postes
- En 2025, il perdra 618 élèves pour seulement 1 poste
- La carte scolaire prévoit 20 postes en moins dans l'académie de Bordeaux au total
Des taux d'encadrement qui s'améliorent
Malgré ces fermetures, le directeur académique défend la qualité de l'enseignement. « Les taux d'encadrement, comprendre le nombre d'élèves par enseignant, continuent à s'améliorer malgré la baisse du nombre de postes », affirme-t-il. Dans le premier degré, la moyenne s'établit désormais à 20 élèves par enseignant, de la maternelle au CM2.
Protection des petites écoles et création de dispositifs d'aide
Alexandre Falco insiste sur plusieurs mesures d'accompagnement :
- Seuil de protection : « Nous n'avons pas touché aux écoles entre une et trois classes », y compris pour les Regroupements pédagogiques intercommunaux (RPI).
- Création de six « pôles d'appui à la scolarité » (PAS) pour les élèves en difficulté et en situation de handicap.
- Ouverture de trois nouvelles classes dans des lieux non encore officiellement communiqués.
Le dispositif PAS représente une innovation importante : il s'agit d'un accompagnement « en première intention » pour les élèves présentant des besoins éducatifs particuliers.
Un dialogue maintenu avec les élus
Face aux accusations de manque de transparence, Alexandre Falco répond : « À une exception près, pour des raisons d'agenda, pas un maire n'était pas au courant de la possibilité d'une fermeture ». Il réagit ainsi aux allégations de syndicalistes selon lesquelles des élus auraient découvert des fermetures de classe dans leur commune par voie de presse.
Le calendrier a certes été contraint « pour cause d'élection et de devoir de réserve », mais le dialogue n'est pas rompu. Dès le début du mois de mai, une fois l'ensemble des intercommunalités installées, les inspecteurs de l'Éducation nationale et le Dasen iront à la rencontre des élus communautaires.
Perspectives pour les collèges et lycées
Pour le second degré, la dotation globale horaire a également suscité des mécontentements. « Tous les établissements qui voulaient être reçus l'ont été », assure le directeur académique, soit sept sur quarante-et-un. Des accompagnements sont prévus, notamment pour des dédoublements de classe lorsque les effectifs sont trop nombreux.
Alexandre Falco se présente comme un « accompagnateur et éclaireur » pour les intercommunalités, avec un principe directeur : « L'argent public est précieux, on y fait attention ». Cette approche vise à construire, avec les élus locaux, des projets éducatifs pour les prochains mois, au-delà des simples décisions de carte scolaire.



