Comment Kedge Business School forme les futurs managers à l'intelligence artificielle
Kedge Business School forme les managers à l'IA en trois étapes

Comment les écoles de commerce préparent-elles les futurs dirigeants à l'ère de l'intelligence artificielle ?

Dans un contexte où l'intelligence artificielle transforme profondément les pratiques managériales, les établissements d'enseignement supérieur adaptent leurs programmes. Alexandre de Navailles, directeur général de Kedge Business School, considère l'IA comme « un outil pour pousser l'étudiant à réfléchir » plutôt qu'une simple technologie à maîtriser.

Une approche pédagogique en trois étapes fondamentales

La stratégie de Kedge Business School repose sur un parcours progressif visant à transformer les étudiants en managers éclairés plutôt qu'en simples utilisateurs d'outils technologiques.

  1. Phase d'acculturation : Un module obligatoire d'une vingtaine d'heures pour tous les nouveaux arrivants permet de comprendre le fonctionnement de l'IA, ses bonnes pratiques, et surtout le cadre éthique, les responsabilités et les propriétés des données.
  2. Pratique régulière : Via une plateforme interne sécurisée où les données restent confidentielles, les étudiants et collaborateurs peuvent interagir avec différents assistants IA dans un environnement protégé.
  3. Maîtrise approfondie : Des mises en situation réelles comme des « serious games » pour apprendre à négocier ou des projets de prospective comme le cours « Penser 2050 », où l'outil aide à structurer une réflexion complexe.

L'éthique au cœur de la formation

Au-delà des aspects techniques, Kedge Business School accorde une place centrale aux enjeux éthiques. L'école est partenaire de l'Université de Bordeaux et de l'Enseirb-Matmeca pour animer la chaire « IA de confiance ».

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« C'est le cœur de notre message », insiste Alexandre de Navailles. Un cours spécifique force les étudiants à questionner la transparence, la propriété des données et la responsabilité algorithmique.

L'objectif est clair : lutter contre une certaine « paresse intellectuelle » que l'outil pourrait favoriser. Les étudiants apprennent l'interprétation et le discernement, développant leur capacité à identifier les biais, les erreurs et à garder un regard critique sur le contenu généré.

À Kedge, on n'interdit pas l'usage de l'IA, mais on exige que l'étudiant puisse expliquer son prompt, citer ses sources et surtout, apporter sa propre interprétation humaine au résultat obtenu.

Adapter la formation aux besoins des entreprises

Cette approche pédagogique répond directement aux attentes du monde professionnel. Les sondages de l'école révèlent que les besoins des entreprises sont diversifiés selon leur maturité technologique, mais un défi majeur fait consensus : garantir la qualité et la fiabilité du travail produit avec l'IA.

Paradoxalement, l'essor de la technologie redonne une place centrale aux « soft skills ». En automatisant les tâches à faible valeur ajoutée, l'IA pousse à renforcer la formation sur le comportement, l'attitude et le style de management.

« Pour différencier deux managers demain, ce ne sera pas leur capacité à utiliser l'IA qui comptera – car ce sera une compétence clonée par l'outil – mais bien leur intelligence humaine, leur curiosité et leur capacité à embarquer une équipe », conclut le directeur général.

Cette vision positionne Kedge Business School comme un acteur précurseur dans la formation des managers de demain, équipés pour naviguer dans un environnement professionnel où l'intelligence artificielle devient omniprésente tout en préservant les qualités humaines essentielles au leadership.

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