Un vent d'Harmonie souffle sur les écoles de l'Auzonnet
Harmonie des mineurs initie 120 élèves à la musique

Depuis les bancs des écoles de l’Auzonnet, un vent d’Harmonie souffle, porté par des musiciens passionnés. Daniel Malavergne fait répéter la section vuvuzela de ce projet baptisé "Plastoband", qui rassemble cinq écoles et près de 120 élèves. Une initiative qui mêle musique, pédagogie et transmission culturelle.

Un duo d’exception dans les classes

Thierry Greblot et Daniel Malavergne, deux musiciens de l’Harmonie des mineurs du Martinet, accompagnés de Silvette Millet, interviennent dans cinq classes de la vallée. Leur mission : initier les enfants aux instruments à vent, souvent méconnus. Ce lundi matin, Thierry Greblot, harnaché d’une dizaine d’instruments, fait son entrée dans une classe de primaire à Saint-Julien-de-Cassagnas. Les élèves, vingt environ, sortent à peine des vacances, mais l’arrivée du musicien change l’atmosphère.

« On va se lever et respirer ensemble, puis on soufflera, sans embouchures, dans les plasticofones pour faire un son qui ne doit pas s’arrêter », explique Daniel Malavergne au tableau blanc. Après un temps de concentration, les instruments – trompette, tuba, trombone et vuvuzelas – sont distribués selon le rôle de chaque enfant dans cette fanfare scolaire. Ce groupe fait partie d’un ensemble plus vaste de 120 élèves répartis dans cinq écoles de la vallée de l’Auzonnet, formant le "Plastoband". Le premier concert est prévu le 24 mai au Martinet.

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Un projet éducatif et social

« Le but, c’est avant tout qu’ils découvrent la musique, les instruments et qu’ils s’épanouissent. L’objectif n’est pas d’en faire des musiciens à tout prix », assure Silvette Millet. « Ici, on est très loin de la culture élitiste. Cela permet d’éduquer et d’éveiller les esprits. » Les réactions des enfants sont variées : Harlan, 10 ans, admire le tuba « tout argenté avec plein de tuyaux » ; Lyna trouve que « l’on s’amuse beaucoup, que l’on rigole » ; Paul, malicieux, estime que « cela fait quand même une heure de leçon en moins » ; tandis qu’Arthur s’imagine « même jouer en dehors de l’école ».

La séance se déroule avec pédagogie et autorité. « Vous êtes mous comme un banc de haricots verts », lance Thierry Greblot alors que l’énergie faiblit. « Ne sortez pas du temps », souffle Daniel Malavergne, tandis qu’un solo de conque déstructure le rythme. Au terme de l’heure, l’écoute de l’autre donne naissance à un collectif, « comme dans une équipe de foot où l’on doit venir récupérer celui qui se perd », explique Daniel Malavergne.

Pour l’enseignante Vanessa Belhadi, ce temps musical offre un enseignement mêlant culture, social et pédagogie. « Sur le plan social, cela relie les élèves de la vallée, fait vivre une notion culturelle avec l’histoire de l’Harmonie des mineurs du Martinet, et en pédagogie, c’est important d’avoir des musiciens professionnels et de vrais instruments. »

L’Harmonie des mineurs : un héritage à perpétuer

Fondée en 1907, l’Harmonie des mineurs du Martinet a survécu à l’extinction des houillères, mais son renouvellement par de jeunes musiciens est un défi. « Le problème majeur, c’est le renouvellement », précise Daniel Malavergne, ami d’enfance de Thierry Greblot et initiateur du projet. Ce projet, construit sur trois ans, forme une école de fanfare pour que demain, des enfants devenus musiciens perpétuent cette tradition musicale.

Concerts à venir

Un concert de fanfares et d’harmonies, en entrée libre, se tiendra aux Mages le 23 mai à 18 heures, puis le 24 mai au parc du château de Crouzoul, au Martinet, avec un apéritif musical à 11 heures et un concert à 16 heures. Le projet concerne cinq écoles de la vallée de l’Auzonnet : Les Mages, Saint-Julien-de-Cassagnas, Saint-Jean-de-Valériscle, Saint-Florent-sur-Auzonnet et le Martinet.

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