Harcèlement scolaire : une réponse pénale renforcée avec 600 poursuites engagées
Le ministre de l'Éducation nationale, Edouard Geffray, a annoncé ce lundi 3 novembre 2025 sur TF1 qu'environ 600 poursuites pénales ont été engagées entre 2022 et fin 2024 dans des cas de harcèlement scolaire. Cette déclaration intervient à quatre jours de la Journée nationale de lutte contre le harcèlement, soulignant l'urgence de ce fléau qui touche profondément le système éducatif français.
Des sanctions proportionnées et rapides mises en œuvre
Edouard Geffray a précisé que, outre les poursuites, plus de 4 200 mesures pénales alternatives ont été appliquées. Ces mesures, telles que des interdictions de fréquentation de certains lieux ou des rappels à l'ordre, permettent une sanction adaptée à l'âge des mineurs et une réponse rapide. "Ça peut être par exemple des interdictions de fréquentation de certains lieux ou de certaines personnes", a expliqué le ministre, insistant sur l'importance d'une approche proportionnée.
Loi Balanant de 2022 : des peines sévères pour les harceleurs
Selon la loi Balanant de 2022, le harcèlement scolaire est punissable de trois ans d'emprisonnement et 45 000 euros d'amende, même en l'absence d'incapacité totale de travail (ITT) ou si l'ITT est inférieure ou égale à huit jours. L'âge de l'auteur est pris en compte dans l'application de ces sanctions, reflétant une volonté de justice adaptative.
Exclusions scolaires : une mesure protectrice pour les victimes
Le ministre a également révélé que "plusieurs centaines" d'élèves auteurs de harcèlement ont été exclus de leur école initiale, avec des chiffres précis promis pour la fin de la semaine. Ces mesures, en vigueur depuis la rentrée 2023/2024, visent à éviter d'imposer un changement d'établissement aux victimes, une approche saluée par les défenseurs des droits des enfants.
Prévention et sensibilisation : des outils essentiels
Edouard Geffray a appelé à une mobilisation collective : "Il faut prévenir, il faut en parler en famille, il faut détecter, il faut témoigner quand on voit des événements". Cette priorité gouvernementale a été renforcée après le suicide de Lindsay, 13 ans, dans le Pas-de-Calais, un drame qui a secoué l'opinion publique.
Chiffres alarmants : 37% des jeunes victimes de harcèlement
Une étude de l'association e-Enfance publiée fin octobre montre que 37% des jeunes sont victimes de harcèlement ou de cyberharcèlement, avec des taux similaires en primaire (35%) et au lycée (40%). Le harcèlement se produit majoritairement dans les établissements scolaires (71%) et lors d'activités extra-scolaires (17%). Les motifs invoqués incluent la jalousie (24%) et les différences physiques (20%), révélant des discriminations préoccupantes.
Face à cette réalité, le gouvernement continue de renforcer ses actions, combinant sanctions pénales, mesures éducatives et campagnes de prévention pour protéger les jeunes et créer un environnement scolaire plus sûr.



