Harcèlement scolaire : plus d'un tiers des enfants touchés dès le primaire selon e-Enfance
Harcèlement scolaire : 35% des enfants touchés dès le primaire

Harcèlement scolaire : une aggravation alarmante dès le plus jeune âge

L'association e-Enfance / 3018 publie son 4e baromètre annuel sur le harcèlement scolaire et le cyberharcèlement, réalisé par l'Institut Audirep avec le soutien de la Caisse d'Épargne. Cette enquête menée auprès de binômes parents-enfants âgés de 6 à 18 ans révèle une situation particulièrement préoccupante qui s'aggrave nettement, notamment chez les plus jeunes élèves.

Des chiffres qui font froid dans le dos

Selon cette étude publiée le 30 octobre 2025, 37% des jeunes entre 6 et 18 ans sont victimes de harcèlement ou de cyberharcèlement, principalement dans l'enceinte scolaire. Mais le constat le plus inquiétant concerne les plus jeunes : "35% de ces jeunes sont touchés par le harcèlement dès l'école primaire, un chiffre en nette augmentation de 11 points en seulement un an", souligne le rapport.

Cette progression rapide du phénomène chez les enfants de six ans et plus interpelle particulièrement les experts, car elle touche des individus à un âge crucial dans leur construction identitaire et leur développement psychologique. La frontière entre enfance et adolescence semble s'estomper dangereusement face à cette violence précoce.

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L'impact dévastateur des réseaux sociaux

L'usage massif des écrans et l'hyperconnexion précoce amplifient considérablement cette tendance alarmante. Plus des deux tiers (65%) des enfants en primaire utilisent déjà les réseaux sociaux, malgré leur interdiction légale avant 13 ans. Cette exposition précoce accroît mécaniquement les risques de violences numériques.

Le cyberharcèlement touche désormais :

  • 18% des 6-18 ans
  • 25% des jeunes filles au lycée

L'étude précise que "WhatsApp est devenu le théâtre privilégié de ces violences, concentrant 41% des cas, souvent dans des groupes de classe". Cette plateforme de messagerie, pourtant conçue pour les adultes, s'est imposée comme un espace de socialisation numérique dès le plus jeune âge, avec tous les risques que cela comporte.

Une souffrance psychologique profonde

Les conséquences de ce harcèlement précoce sont dramatiques sur la santé mentale des victimes. Le baromètre révèle que un quart des jeunes entre 6 et 18 ans victimes de harcèlement ont déjà pensé au suicide ou à se faire du mal. Ce chiffre monte à plus d'un tiers chez les jeunes filles, témoignant d'une détresse particulièrement aiguë dans cette population.

Pour Justine Atlan, directrice générale d'e-Enfance, "la souffrance des jeunes victimes de harcèlement est criante : perte de confiance, troubles anxieux, pensées suicidaires… Ces traumatismes profonds qui touchent les enfants dès le plus jeune âge ne peuvent plus être ignorés".

Un appel urgent à la prévention

Face à ces chiffres alarmants, l'association e-Enfance lance un appel pressant pour renforcer la prévention dès l'école primaire et encadrer plus strictement l'accès aux réseaux sociaux. Samuel Comblez, psychologue et directeur général adjoint d'e-Enfance, explique : "On considère qu'être un enfant ou un adolescent, c'est la même chose. Il n'y a plus de frontière. C'est une période de vie qui va d'emblée être brusque, complexe, attaquante et violente. Peut-être qu'il y a un travail à faire en termes de prévention pour rappeler aux enfants et aux familles qu'avant 13 ans, les réseaux sociaux ne sont pas accessibles".

Le numéro national d'aide aux victimes, le 3018, reste plus que jamais essentiel face à ce phénomène qui prend des proportions massives. La protection des enfants contre le harcèlement scolaire et numérique nécessite une mobilisation collective immédiate, impliquant éducateurs, parents et pouvoirs publics pour endiguer cette vague de violence qui frappe les plus vulnérables.

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