Une mobilisation historique dans l'éducation nationale
Le secteur éducatif français est en ébullition. Le Snuipp-FSU, premier syndicat du primaire, prédit une mobilisation historique pour la journée de jeudi, avec des conséquences directes sur le fonctionnement des établissements scolaires. Selon les estimations du syndicat, 75% des enseignants du premier degré devraient participer à la grève, entraînant la fermeture d'une école sur deux sur l'ensemble du territoire national.
Un protocole sanitaire qui ne calme pas les esprits
Cette mobilisation massive intervient au lendemain de ce que certains observateurs ont qualifié de tentative de déminage politique de la part du Premier ministre Jean Castex. Le nouveau protocole sanitaire pour les écoles, présenté en surprise lors du journal télévisé de France 2, constitue pourtant le troisième ajustement en une semaine seulement.
Les principales mesures annoncées comprennent :
- Le passage à trois autotests en cas de contamination dans une classe
- Une seule attestation sur l'honneur pour le retour à l'école
- La récupération des enfants cas contact uniquement à la fin des cours
Ces annonces ont été fraîchement accueillies par la communauté éducative, tant sur le fond que sur la forme. Guislaine David, secrétaire générale du Snuipp-FSU, n'a pas mâché ses mots : Ces mesures vont désengorger les pharmacies mais en aucun cas protéger les écoles de la contamination. Elle dénonce un total mépris vis-à-vis des enseignants qui sont quotidiennement sur le terrain.
La colère des acteurs de l'éducation
Florence Comte, secrétaire et porte-parole du Syndicat des directrices et directeurs d'école, abonde dans ce sens sur France Info : Ça va être plus simple pour nous et pour les familles, mais on laisse circuler le virus. Cette analyse partagée explique en grande partie l'ampleur de la mobilisation prévue.
Le mouvement de grève national est soutenu par un front syndical large comprenant :
- Le Snuipp-FSU
- Le SE-Unsa
- Le Snes-FSU
- Le Snalc
- La CGT Éducation
- SUD Education
- FO
- La CFDT
La FCPE, principale fédération de parents d'élèves, appelle de son côté les familles à ne pas envoyer les enfants à l'école ce jeudi, renforçant ainsi l'impact de la journée de mobilisation.
Un dialogue de sourds avec le gouvernement
Face à cette contestation grandissante, le ministre de l'Éducation nationale Jean-Michel Blanquer a réagi mardi en affirmant : On ne fait pas une grève contre un virus. Une déclaration qui a provoqué la colère des syndicats.
Le Snuipp-FSU a immédiatement rétorqué : Cette mobilisation historique par son ampleur sur ces vingt dernières années n'est pas une grève contre le virus, mais illustre le ras-le-bol grandissant dans les écoles. Le syndicat pointe du doigt des conditions de travail qui se dégradent et ce qu'il qualifie de mensonges permanents du ministre de l'Éducation.
Gabriel Attal, porte-parole du gouvernement, est venu soutenir la position ministérielle sur Europe 1 en martelant : On préfère tester que fermer. Une stratégie que les syndicats jugent contre-productive dans la lutte contre le Covid-19, alors que les hôpitaux font face à une pression sans précédent.
Un contexte épidémique alarmant
Cette crise sociale dans l'éducation nationale survient dans un contexte sanitaire particulièrement préoccupant. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) prévient qu'un Européen sur deux sera contaminé par le variant Omicron dans les deux prochains mois, qu'il soit vacciné ou non.
Les syndicats d'enseignants estiment que la stratégie gouvernementale, centrée sur le maintien des écoles ouvertes à tout prix, se fait au détriment de la sécurité sanitaire des personnels, des élèves et de leurs familles. Ils dénoncent une approche qui privilégierait l'activité économique au détriment de la santé publique.
Cette journée de jeudi s'annonce donc comme un test majeur pour le gouvernement, qui devra composer avec une mobilisation d'une ampleur inédite depuis deux décennies dans le secteur éducatif. Les conséquences de ce mouvement pourraient bien influencer les décisions sanitaires et sociales à venir dans le contexte de la pandémie de Covid-19.



