Grève nationale dans l'éducation : un jeudi noir se profile avec 75% de grévistes annoncés
Le monde éducatif français s'apprête à vivre une journée de mobilisation exceptionnelle ce jeudi. L'ensemble des syndicats d'enseignants appelle à une grève nationale pour protester contre le protocole sanitaire en vigueur dans les établissements scolaires. Selon les premières estimations, 75% des enseignants devraient répondre à cet appel, avec une participation particulièrement élevée dans le premier degré.
Un protocole sanitaire au cœur des tensions
La grogne des enseignants trouve son origine dans les multiples changements du protocole sanitaire appliqué dans les écoles. Malgré les allègements annoncés lundi par le gouvernement pour le primaire, les mesures restent jugées insatisfaisantes par la majorité du corps enseignant. Désormais, un élève cas contact peut réaliser trois autotests (jour J, J+2 et J+4) pour rester en classe, contre un test PCR initial et deux autotests précédemment.
Georges Michel, secrétaire du SNUipp-FSU du Gard, explique la position des enseignants : "Nous voulons revenir au protocole de l'automne dernier dans lequel toute classe était fermée pendant une semaine au premier cas de covid. Tous ces changements sont un vrai casse-tête pour nous. C'est une grève contre le protocole et contre la technique Blanquer des annonces faites sans consulter la base."
Les parents d'élèves en soutien
Les fédérations de parents d'élèves apportent leur soutien au mouvement et appellent à ne pas scolariser les enfants ce jeudi. Pour eux aussi, le protocole actuel reste trop contraignant et source de confusion constante. Cette convergence des mécontentements pourrait donner une ampleur particulière à la mobilisation.
Situation sanitaire préoccupante dans l'académie de Montpellier
Contacté ce mercredi, le rectorat de l'académie de Montpellier reconnaît une situation sanitaire délicate. Sophie Béjean, rectrice de l'académie, détaille : "Nous avions 3000 cas confirmés de covid parmi nos élèves mardi, soit deux fois plus que la semaine dernière, mais seulement 2% de classes fermées. 8 à 10% de nos personnels sont absents parce qu'ils sont cas contact ou touchés par le covid."
Pour faire face à cette situation exceptionnelle, le rectorat a mis en place plusieurs mesures :
- Recrutement de contractuels étudiants augmentant les effectifs de remplaçants de 20 à 30%
- Appel aux jeunes retraités pour revenir apporter leur aide
- Renforcement du personnel administratif dans chaque circonscription du premier degré
Malgré ces efforts, les directeurs d'école se disent débordés par les tâches administratives liées au protocole sanitaire. La priorité est actuellement donnée aux classes préparant des concours, mais les moyens restent insuffisants pour remplacer tous les absents.
Manifestations prévues dans toute la France
Des rassemblements et manifestations sont organisés dans les principales villes de France et particulièrement en Occitanie, région où la mobilisation s'annonce très forte. Dans le Gard, les syndicats anticipent une participation de 75 à 80% des enseignants à la grève.
La rectrice Sophie Béjean conclut : "Je veux rendre hommage à tout ce que font nos personnels depuis deux ans. Nous traversons une période difficile à nouveau mais nous sommes vraiment mobilisés avec tous nos services dans l'intérêt des élèves. Il y a une forme de continuité dans notre action mais une adaptation nécessaire quand la situation est exceptionnelle."
Cette journée de grève s'annonce donc comme un test majeur pour le gouvernement face à l'exaspération grandissante des enseignants et des familles après deux années de gestion pandémique chaotique dans les établissements scolaires.



